Généalogie et Histoire des CESTIA du XVII° au XIX°siècle

Edition 2012 non mise à jour

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Transformation du patronyme et surnom

L'essaimage des Cestia du XVII° au XIX° siècle

Les Cestia du XVII° au XIX° siècle

La Bigorre

Les Cestia de Lescurry

Les Cestia de Louit

Les Cestia de Dours

Les Cestia élus en Bigorre

Les Maires de Louit

Les Cestia de Lescurry et la politique

Les Cestia dans l'archipel des Antilles 1800 – 1850

Le contexte historique

Les premiers Bigourdans aux Antilles

Le clan familial de Vic-en-Bigorre aux Antilles

Jean Baptiste Cestac (1781- )

Philippe Cestia (1805-1855)

Pierre Cestia

Le déclin de la Guadeloupe

Les Cestia aux Etats-Unis d'Amérique

Les Cestia en Louisiane 1850

Les Cestia à New York, et en Italie, fin XIX°s

Les CESTIA en Uruguay et en Argentine de 1850 à 1918

Le contexte historique

Les premiers Cestia en Argentine et en Uruguay

Auguste Sylvain CESTIA (1864- )

Honoré Jean Marie CESTIA (1857-1934), l'épopée uruguayenne

Honoré CESTIA de retour à Louit

Les Cestia en Algérie

Conclusion

Annexe 3 – Déplacement des familles de l'échantillon de référence

Annexe 4 – Transformation du patronyme Cestia à travers les siècles

Les surnoms et nom de maisons

Annexe 5 – Uruguay

Histoire

Evolution démographique

Chronologie du 16° au 19°s

Annexe 6 – Colonisation et esclavage dans les iles de Saint-Domingue, et de la Guadeloupe

Quelques repères chronologiques

Annexe 7 – Indemnité coloniale en Guadeloupe

Annexe 8 - Bibliographie - Travaux cités

Avant-propos

Peu de personnes portent actuellement un patronyme proche du patronyme Cestia. Dans l'état actuel de mes recherches, ces personnes ont le plus souvent une lignée agnatique [[1]] qui trouve son origine dans le sud-ouest de la France. C’est pour cela, et parce que la transmission du nom de famille à ses enfants est une constante de l'Histoire depuis au moins huit siècles, qu’il est très probable que les Cestia aient tous un ancêtre commun relativement peu éloigné – quelques siècles…

Considérant cette hypothèse comme très probable, j’ai donc entrepris des recherches portant sur la généalogie des Cestia dans le monde et sur leur histoire. Ainsi j’ai pu publier sur internet en Janvier 2009 une monographie intitulée "La Généalogie des Cestia du XVII° au XIX°s. Ce document reprenait et complétait un précédent récit intitulé "L'épopée Uruguayenne d'Honoré CESTIA" qui avait été publié sur Internet en janvier 2003 dans une version partiellement rédigée en RAO [[2]]. La monographie de janvier 2009 est très incomplète, elle visait simplement à faire un point sommaire sur l’état de mes recherches et à préparer un travail plus abouti, mais pas encore définitif, que je présente ici.

J’espère ainsi par l’établissement de la généalogie des Cestia trouver des indications sur l'origine du patronyme qui viendront compléter, ou corriger, celles fournies par l'approche linguistique.

Avec l'étude de l’histoire des Cestia, je vais essayer, tout simplement, en suivant le fil rouge de la transmission d'un patronyme, de raconter des histoires, de raconter l'histoire de vies, de familles et de terroirs, de redonner vie à des personnes que l'Histoire n'a pas retenues… et peut être, en définitive, de mieux comprendre l'Histoire.

Ainsi, vous l’aurez compris, ma conception de la généalogie n’est pas celle d'un collectionneur d'ancêtres. La généalogie qu'André Burguière [[3]] qualifie de "psychanalyse des pauvres et des modestes" ne me satisfait pas vraiment. Je préfère, et de beaucoup, le proverbe chinois : "Oublier ses ancêtres, c’est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines".

Mais il me reste encore à parcourir un long chemin pour pouvoir ordonner toutes les pièces du puzzle - la présence de deux familles Cestia en Italie au XIX°s, celle des Cestia en Argentine, en Algérie et bien d'autres énigmes à élucider – et surtout encore un long chemin pour vérifier l’hypothèse initiale sur laquelle se fonde ma démarche, à savoir, pouvoir réunir en un seul arbre les Cestia du monde entier. Alors peut-être sera-t-il possible d’écrire véritablement l'histoire des Cestia.

Introduction

Méthode

La généalogie des Cestia et des personnes ayant pour patronyme une variante orthographique [[4]] de ce patronyme constitue le socle de la présente étude. Elle s'appuie sur des sources généalogiques qui sont consultables sur mon site web : actes d'état civil, actes notariés et sur diverses sources écrites et parfois même orales tel que souvenirs de plus anciens. [[5]]

Pour faciliter la lecture des chapitres qui suivent, les explications, les développements complexes et les sources générales utilisées [[6]] font l'objet de notes de bas de page pouvant renvoyer à l'Annexe 8 - Bibliographie - Travaux cités page 61. Les références aux sources listées dans cette annexe sont mentionnées entre parenthèse.

Les familles [[7]] étudiées comprennent 398 personnes nées avant 1910 et portant une des variantes du patronyme étudiée [[8]]. Aucune personne vivante ou née il y a moins de 100 ans n'est mentionnée dans cette liste que nous désigneront par la suite par l'expression "échantillon de référence". La constitution de "l'échantillon de référence", vise l'exhaustivité du dénombrement des Cestia sans pour autant l'atteindre. Des recherches restent encore à faire.

L'origine du patronyme

Voir la page "Le hameau de Cestias et origine du patronyme"

Transformation du patronyme et surnom

Sous l'ancien régime, l'orthographe des patronymes s'apparentait à une orthographe phonétique. C'est le livret de famille qui assurera bien plus tard la reconduite de génération en génération de la même manière d'écrire un patronyme. Avant de devenir Cestia le patronyme à eu plusieurs formes dont l'étude fait l'objet de l'Annexe 4 – Transformation du patronyme Cestia à travers les siècles page 49. La forme actuelle Cestia, que l'on peut encore trouver au XIX°s sous la forme Sestia, est issue de formes plus anciennes Cestian(t) – Sestian – Sesthian. On pense bien sûr à un nom Arménien où le suffixe "ian" signifie "fils de", à moins qu'il ne s'agisse d'un nom Gascon, le suffixe "an" étant aussi présent dans les Hautes Pyrénées.

Avant la révolution, le nom de famille était souvent suivi dans les actes paroissiaux d'un surnom qui correspondait à un nom de maison. Ainsi il y avait à Louit les Baïlou, à Lescurry les Biuatou, Bordenave, Bourdale, Coube, Coutillou, Dutrey, à Dours les Sausette et à Nay les Trébaire. La mention peut subsister alors que la famille a quitté la maison des ancêtres pour s'installer dans un village voisin. Sans être une preuve de filiation, cette mention est un indice significatif pour orienter les recherches de preuves de filiation.

L'essaimage des Cestia du XVII° au XIX° siècle

La période 1730-1740 est une période charnière en Europe en ce qui concerne le développement économique [[18]]. Le port de Bordeaux connait un essor important. Le chiffre d'affaire de Bordeaux est en 1712 de 12 millions de Livres et en 1749 de 75 millions, soit une croissance de 5% par an. Dans la même période les exportations de la France augmentent de 4% l'an. Ainsi à partir du XVIII°s un nouvel essor économique se traduisant notamment par de nouvelles routes et un développement du commerce favorise le déplacement des familles vers le nord de la Bigorre, sans doute pour rejoindre des terres plus riches, leur permettant d'affronter avec moins de difficultés disettes, famines et épidémies

Le port de Bordeaux a eu notamment du fait du commerce avec les Antilles une expansion commerciale importante au XVIII°s et XIX°s.

La vallée de l'Adour relie la Bigorre à Bayonne. Il était donc plus aisé de se rendre à Bayonne qu'à Bordeaux. Au XVI°s Bayonne est intégrée au royaume de France. A la suite de travaux importants concernant l'estuaire de l'Adour, la ville connut, au XVII°s et au début du XVIII°s, une prospérité importante remise en question plus tard par la guerre avec les voisins espagnols.

Le développement du chemin de fer au XIX°s a été source de richesse. Dès 1848, la ligne Bordeaux La-Teste est ouverte, et la même année la ligne La-Teste Arcachon.

Toutes ces mutations créeront des conditions favorables aux déplacements des familles Cestia qui se poursuivent au XIX°s, mais cette fois aussi hors des frontières de la Bigorre. La Louisiane, l'Uruguay, les Antilles verront arriver de nombreux Cestia dont nous décriront les épopées dans les chapitres suivants.

A la fin du XIX°s, ce n'est pas moins de 45 communes qui, tout au long de la période étudiée du XVII° au XIX°s, auront été un lieu de vie [[19]] d'un Cestia. En trois siècles les Cestia, partis d'un petit territoire délimité par les communes de Lescurry, Louit et Dours, ont essaimé en Amérique et dans les Caraïbes, et ont plus largement occupé la Bigorre et le sud ouest de la France.


Dans le tableau ci-contre N indique le nombre de personnes de l'échantillon de référence dont un des événements naissance, mariage ou décès a eu lieu dans la commune. Le total est supérieur à la taille de l'échantillon de référence puisque des personnes se sont déplacées avant leur mariage ou décès.

Les Cestia du XVII° au XIX° siècle

La Bigorre

C'est en Bigorre que notre histoire des Cestia démarre, principalement dans les paroisses de Lescurry, Louit et Dours. C'est de là que certains partirent et s'installèrent dans des villages voisins puis aux Antilles, en Louisiane, en Argentine, ou en Uruguay, tandis que d'autres préférèrent ne pas quitter leur village.

carte-pays-bigorre.gif
Le comté de Bigorre dont la capitale est Tarbes, est constitué, au début du IX°s, par le duc de Gascogne Loup Centule pour son fils Donat Loup († v. 820). Le pouvoir est ensuite transmis au gré des alliances, mariages et querelles de successions. L'histoire officielle de la Bigorre ne mentionne aucun Cestia prenant part à ses tractations…

Sous l'ancien régime la Bigorre avait ses états particuliers. Ils se composaient de trois chambres : clergé, noblesse, et justice que le sénéchal exerçait au nom du comte.

Le département des Hautes-Pyrénées qui englobe la Bigorre, trop petite pour constituer un département à elle seule, fut créé en 1790.

Si de nos jours la Bigorre ne constitue plus une unité administrative, ses habitants restent cependant très attachés à leur appartenance à ce territoire et à sa culture.

Les Cestia de Lescurry

Jean Cestian (1626-1726) et Marguerite Laforgues vécurent à Lescurry au début du XVII°s. Cette famille dite les Cestia Coutillou [[20]] de Lescurry, a eu une descendance dont une partie quittera le village pour chercher fortune ailleurs, à Beccas un peu plus au nord, puis aux Antilles et en Louisiane. Nous reviendrons plus loin sur leur histoire. Quatre générations après Jean Cestian et Margueriite Laforgues, Arnaud Cestia deviendra maire de sa ville et son fils deviendra magistrat conseiller général et mariera sa fille à un député. Nous retrouveront plus loin leur histoire dans "Les Cestia de Lescurry et la politique" page 9.

La maison des Coutillou était située au centre du village. Cette maison (photo ci-contre) existe encore mais elle n'est plus habitée par une famille Cestia.


Après la révolution [[21]] quatre maisons Cestia étaient habitées par des cestia : la maison des Coutillou habitée par Jean Cestia Coutillou (1768- ) époux Anne DUFFAU, la maison Jean Cestia Caubé, et plus à l'extérieur du village les deux maisons des frères Raymond Bernard et Jean Cestia dit Dutrey.

Les maisons Cestia de Lescurry en 1790.jpg
Un autre Jean Cestian Coutillou (1703-1753) certainement descendant de Jean Cestian (1626-1726) [[22]] a eu une descendance qui, de Bordeaux, s'embarque pour la Louisiane et s'y installe. Nous en reparlerons plus loin.

D'autres Cestian ont vécus au XVIII°s à Lescurry et y ont eu une descendance :

·         Jean Cestian Biuatou (1658-1731) et Catherine Clemens,

·         Jean Cestian Bordenave (1671-1722) et Jeanne DUFAU,

·         Pierre Cestian (1690-1757) et Bernarde Clemen dont la descendance sera les Coubé,

·         Denis Cestia (1807-1864) et Michèle BARU

Jean Cestian (1734- ) dit cadet fils de Jacques de Lescurry a quitté son village natal de Beccas pour s'installer à Vic en Bigorre comme boucher et négociant. La situation de laboureur de son père qui possédait donc terres, maison et chevaux (ou bœufs) lui a certainement donné les moyens financiers pour se lancer dans le négoce. Le courrier ci contre, extrait des archives familiales d'un de ses descendants, nous apprend, qu'enfant, il a du passer plus de temps à s'occuper des bœufs ou chevaux qu'à l'école… Cette faiblesse en écriture compensé par une forte personnalité, de l'aveu même de ses descendants "Irascible, têtu, égoïste et fort en gueule", ne l'a pas empêché de traiter des contrats importants [[23]] et d'accéder ainsi à une meilleure position sociale.

Lettre Jean CESTIA cadet boucher img324 Cestia.jpg
Ses enfants "passerons aux iles" chercher fortune. On les retrouvera donc plus loin dans "Les Cestia dans l'archipel des Antilles 1800 – 1850" page 11.

Les Cestia de Louit

Notre ancêtre agnatiques Cestia le plus éloigné que je connaisse est Sesthian Jean dit Guillaumet né à Louit au début du XVIII°s. Quatre générations, toutes de Louit, séparent Jean Sesthian, d'Honoré Cestia mon arrière Grand-père qui à la fin du XIX°s quitte Louit pour Montevideo.


Les autres ancêtres d'Honoré Cestia ne portant pas le patronyme Cestia, sont originaires de communes environnantes depuis au moins six générations. Les professions qu'on leur connaît sont celles de cultivateur, laboureur, brassier à l'exception d'une alliance avec une fille de notaire au début du XVIII°s. L'origine géographique des ancêtres d'Honoré, sur six générations est représentée sur la carte ci-contre par des carrés jaunes. Les carrés rouges situent l'origine géographique de la famille par alliance d'Honoré CESTIA.

Comme d'autres Cestia de Lescurry l'oncle d'Honoré Cestia Philippe Cestia est tenté par les Iles. Nous le retrouverons plus loin dans "Les Cestia dans l'archipel des Antilles 1800 – 1850" page 11.

Maison Louit copie.jpg
Un an après le décès de son frère en Guadeloupe, Philippe CESTIA, le père d'Honoré CESTIA, épouse le 22 novembre 1856 à Louit, Magdelaine Marthe DORTIGNAC, fille de Jean-Marie Thomas DORTIGNAC, cultivateur et de Simone NOGUEZ, cultivatrice, une famille de Coussan. Philippe a 41 ans, son épouse en a 19 ! Nous savons par son contrat de mariage, que bien qu'étant issu d'une famille d'agriculteur, il possédait lors de son mariage en 1856, 20 000 Francs argent, d'obligations et titres de placements, vraisemblablement issus de l'héritage de son frère.

La légende familiale est riche d'anecdotes concernant Magdelaine DORTIGNAC. Ainsi elle serait allée réclamer la vigne de son père chez des cousins. [[24]]. On raconte aussi qu'en 1899, à 62 ans, elle est partie en Uruguay pour aller chercher son fils Honoré devenu veuf, en falsifiant son âge sur ses papiers. Magdelaine est revenue de son voyage avec une bouture d'Amaryllis "Belladona Rose" plantée sans doute à Louit. La plante a elle même donné une bouture plantée plus tard à Aureilhan. En décembre 2002 cette plante originaire d'Uruguay existait toujours à Aureilhan. Enfin, nous savons qu'elle aurait connu Bernadette SOUBIROU qu'elle trouvait "niaise". Cependant, elle lui aurait fait toucher ou embrasser une statue de la vierge… toujours pieusement conservée dans la famille Cestia…

L'épopée Uruguayenne de son fils Honoré Cestia fait l'objet du paragraphe "Les CESTIA en Uruguay et en Argentine de 1850 à 1918" page17.

Les Cestia de Louit se sont aussi intéressé à la politique municipale. Nous y reviendrons plus loin.

Les Cestia de Dours

Dans l'état actuel de mes recherches, les Cestia de Dours remontent à la fin du XVIII°s. De Bernard Sestia et Anne Upery (devenu plus tard Saint Ubery), je connais trois enfants dont deux sont nommés Cestia et un autre Sestia. L'ainé aura sept enfants dont six ou peut être moins deviendront adultes [[25]]. Le plus jeune des garçons quittera son village pour s'installer à Castelvieil vers 1850. Il aura avec Justine BORDES de nombreux enfants qui resteront tous à Castelvieil. Mais à la génération suivante l'ainé Charles Hyppolyte Cestia quittera le village pour la commune voisine de Pouyastruc, et un peu plus tard Bordeaux. Quelques Cestia qui descendent de cette famille vivent actuellement en France.

Les Cestia élus en Bigorre

Les Maires de Louit

La paroisse de Louit, devenue plus tard la commune de Louit, a été vraisemblablement administrée sous l'Ancien Régime par un ou des notables nommés par le pouvoir en place. Les premières "municipalités" sont apparues dans les villages dans les années qui ont précédé la révolution [[26]] et l'Assemblée constituante [[27]] qui donna aux communes des institutions plus démocratiques.

En 1792, le premier maire de Louit désigné selon ces nouvelles lois est Pierre Cestian "Baïlou" (1735-1806). En Bigorre à la fin du XVIII°, le suffixe accolé au patronyme désigne la maison d'habitation. [[28]] Le Baïlou, Pierre Cestia est notre ancêtre [[29]]. Il est, en tant que maire, membre du "conseil général".[[30]]. Pierre Cestia Baïlou sera maire jusqu'en 1800. [[31]]

Il ne faudra pas attendre longtemps pour qu'un Cestia soit à nouveau maire de Louit. En 1800 et 1801 après un Capdeville et un Saint Ubery, Martial Cestia devient maire de Louit. Il assure cette charge jusqu'en 1805. Ce nouveau maire est vraisemblablement le fils de Pierre Cestia Baïlou. Martial Cestia [[32]] est devenu maire à 34 ans.

En 1815 pendant les Cent-jours on retrouve Martial Cestia au conseil municipal présidé durant cette courte période par un Sentubery qui sera remplacé à la chute de Napoléon Bonaparte par Jean Pierre Sales. L'année suivante Martial Cestia est à nouveau au conseil municipal; il doit donc, avec tous les autres conseillers, jurer fidélité au Roi Louis XVIII. [[33]]

De 1815 à 1864 aucun Cestia ne semble prendre part à l'administration de la commune. Le 23 juillet 1865 à l'âge de 50 ans, Philippe Cestia notre aïeul (mon arrière-arrière-grand-père) est élu maire (55 votants). Il est réélu le 7 août 1870 avec 29 voix sur 49 votants, et prend ses fonctions pour ce nouveau mandat le 30 août. Avec l'ensemble du conseil municipal il prête alors serment à l'empereur Napoléon III quelques jours avant la chute de celui ci (défaite de Sedan) et le début de la III° république (3 et 4 septembre 1870); ce qui ne l'empêche pas de continuer son deuxième mandat jusqu'en 1874 !

Les Cestia de Lescurry et la politique

Arnaud Cestia le fils de notre Jean Cestia Laboureur de Beccas et frère du négociant boucher de Vic-en-Bigorre dont je vous ai déjà parlé, ne se déplace pas à Vic comme le reste de la famille mais s'installe à Malabat (à 3 km). Il y deviendra maire. Son fils Baptiste Cestia [[34]]Chevalier de la légion d'honneur magistrat né en 1797 à Malabat deviendra magistrat et s'intéressera à la politique sans pour autant devenir député. Il occupa successivement les fonctions suivantes :

·         Jean-Baptiste CESTIA par JL.jpg
1833 : Juge suppléant - Tribunal civil de Mérande (Gers)

·         1837 : Procureur du Roi - Tribunal civil de Bagniéres de Bigorre

·         1842 : Vice-président du Tribunal civil de Tarbes

·         1845 : Membre du Conseil Général des Hautes Pyrénées

·         1846 : Membre du conseil Municipal

·         1848 : Secrétaire du Conseil Général

·         1854 : Chevalier de la Légion d'honneur

·         Membre du conseil académique du département

·         Président du conseil d'Hygiène de l'arrondissement de Tarbes

Le 28 décembre 1844 le Journal de Toulouse (N° 315 page 1) cite le Journal des Pyrénées au sujet de la décision de M. de Preigne, député de la circonscription de Tarbes, de mettre fin à sa carrière politique. On lit dans cet article :"Déjà sa succession est convoitée par une foule de candidats." En fait six personnalités sont citées dans l'article dont M. Cestia , vice-président du tribunal civil de Tarbes.

Donc Baptiste Cestia ne sera pas député mais sa fille Isaure épousera Eugène, Jean, Joseph, Marie Adnet dont voici un extrait de la biographie officielle. (ROBERT & COUGNY)

Jean Eugène ADNET.jpg
… représentant l'Assemblée nationale de 1871, puis membre du Sénat en 1876, né à Donzacq (Landes), le 4 décembre 1829, après avoir exercé quelque temps la profession d'avocat, entra dans la magistrature. Il était procureur impérial à Tarbes, quand le gouvernement du 4 Septembre le révoqua de ses fonctions. Lors des élections pour l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, il fut porté dans le département des Hautes-Pyrénées sur une liste où figurait M. Thiers, et élu, le 2e sur 5, par 31,540 voix. Il siégea d'abord au centre droit, et prit une part décisive à la discussion de la fameuse proposition Rivet (séance du 12 août 1871). A peine M. Rivet avait-il demandé que l'on conférât à M. Thiers, chef du pouvoir exécutif, le titre de président de la République, et qu'on prorogeât ses pouvoirs de trois ans, que M. Adnet lui succéda à la tribune pour déposer une contre-proposition ayant pour objet de confirmer purement et simplement à M. Thiers les pouvoirs que l'Assemblée lui avait conférés à Bordeaux. « Elle n'a pas tout à fait le même but, dit à ce propos M. Adnet, mais elle est inspirée par la même pensée, qui est de donner un témoignage de gratitude et de confiance, au nom du pays, à l’homme éminent qui dirige nos destinées. » Très favorablement accueillie par la droite, la proposition Adnet obtint, comme l'autre, un vote d'urgence, mais ne fut pas adoptée ; elle n'eut pour effet que de retarder le vote de la proposition Rivet, et peut-être de lui faire subir quelques modifications.

M. Adnet n'intervint, à l'Assemblée, dans aucun autre débat important. Il vota avec la droite : Le 1er mars 1871, pour les préliminaires de paix ; le 16 mai 1871, pour les prières publiques; le 30 août 1871, pour le pouvoir constituant de l'Assemblée (1er paragraphe du préambule de la proposition Rivet-Vitet) ; le 29 novembre 1872, contre le message de Thiers contenant une déclaration républicaine ; le 24 mai 1873, pour la démission de Thiers ; le 16 mai 1874, pour l'ordre du jour de confiance au ministère de Broglie; le 25 février 1875, contre l'ensemble des lois constitutionnelles

Il se sépara, dans ce dernier vote, d'un grand nombre de ses amis du centre droit, et, se rapprochant de la droite, se fit inscrire au groupe de l'union conservatrice ou Groupe de Clercq.

Aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, M. Adnet fut élu par les conservateurs des Hautes-Pyrénées, le second sur deux, avec 312 voix sur 539 votants. Il siégea à la droite du Sénat, et, dans la séance du 20 juin 1877, demanda la discussion immédiate de la proposition de dissolution de la Chambre apportée à la Chambre haute par le ministère du 16 Mai. M. Adnet, non réélu au renouvellement triennal des 2 janviers 1882, est rentré dans la vie privée.

Les Cestia dans l'archipel des Antilles 1800 – 1850

Le contexte historique

La Guadeloupe, petit archipel des Antilles (mer des Caraïbes) situé à environ 600 km au nord des côtes de l'Amérique du Sud, à 600 km à l'est de la République dominicaine et à 950 km au sud-est des Etats-Unis, fut plusieurs fois investie par les anglais.

L'histoire des îles de la Guadeloupe et de Saint Domingue est marquée par l'immigration massive, notamment à partir des années 1635, d'esclaves noirs africains, ancêtres de l'immense majorité de la population actuelle. Les idées révolutionnaires et notamment l'article 1er de la Déclarations des Droits de l’homme et du citoyen de 1789 « Les hommes naissent libres et égaux en droit » mettront 50 ans, après de nombreuses tentatives infructueuses, à trouver en Guadeloupe leur application effective.

Caraibes.jpg
Saint-Domingue fut une colonie française jusqu'en janvier 1804, date à laquelle elle devint indépendante sous le nom d’Haïti, après une guerre entre les troupes de Napoléon Bonaparte et les esclaves insurgés menés par Toussaint Louverture.

La Guadeloupe et Saint Domingue participèrent au XVII° et au XVIII°s., de par la production de sucre et le système dit de l'exclusif, à la prospérité de la France. [[35]].

Certes, la traite négrière française, quoique officiellement interdite depuis 1814, a repris avec force après la paix et se poursuit presque ouvertement grâce à la complicité passive des autorités métropolitaines et coloniales, qui, malgré les pressions britanniques, se refusent absolument à mettre en œuvre une véritable politique de répression; pendant ces quinze années, le nombre d'esclaves déportés vers les Antilles semble avoir été très important, puisqu'entre 1816 et 1831 la population servile totale passe de 81 740 à 97 339 personnes en Guadeloupe et de 75 802 à 86 289 à la Martinique. Mais cela ne suffit pourtant pas aux planteurs, particulièrement aux habitants-sucriers, et ceux-ci, pour se procurer la main d'œuvre nécessaire , n'hésitent pas à recourir à des solutions extrêmement coûteuses , tels ceux qui, profitant de la crise des "cultures secondaires", en viennent à racheter des habitations-caféières ou cotonnières uniquement pour pouvoir "récupérer" les esclaves qui y sont attachés et laissent ensuite les terres autrefois cultivées en café ou en coton retourner à la friche. [[36]].

La production de sucre est assurée par des "habitations" [37]]. La commercialisation est assurée par des "négociants" ou des compagnies de négociants. Les négociants fournissent aux habitations ce dont elles ont besoin, vêtements pour les esclaves, outils, denrées alimentaires, etc. et achètent la production de sucre, café ou cacao ensuite revendu dans un port français. Ils ne sont pas propriétaires des bateaux qu'ils utilisent pour assurer le transport entre les colonies et la France. Le financement de cette activité nécessite des capitaux que les négociants doivent apporter eux même. La première banque coloniale ne sera créée qu'en 1849 [[38]].

Les premiers Bigourdans aux Antilles

Après 1643, quelques Bigourdans ont pu passer dans l'île [[39]] [[40]]

Il est vraisemblable que les bigourdans aient suivi le mouvement général de colonisation commencé dés cette période. Cependant mes recherches ne m'ont pas permis, jusqu'à présent, de trouver des traces de Cestia aux Antilles avant le début du XIX°s.

Le clan familial de Vic-en-Bigorre aux Antilles


Au début du XIX°s une bonne partie de la descendance de Jean Cestia, le laboureur de Beccas dont nous avons déjà parlé, migre aux Antilles sur l'Ile de la Guadeloupe ou en Louisiane. Se constitue ainsi un clan familial et réseau d'affaires qui se révélera efficace. Sur la liste de sa descendance ci-dessous, les migrants sont inscrits sur fond gris.

Arbre Jean CESTIAN Coutillou.emf

Despalangues et Marie Cestia ont du migrer en Guadeloupe vers 1818. La société crée par Despalangues, Despalangues et Cie, compte deux associés Bertrand Cestia fils ainé et lui-même; elle fut, en 1824, élargie à Joseph Bordères qui finit par monter une autre compagnie avec Paul Pujo qui épousera quelques années plus tard Jeanne Marie Cestia la sœur de Marie Cestia épouse Borderes. La compagnie de Paul Pujo fut mise en liquidation vers 1833. Marie Cestia et Joseph Borderes se retirent à Vic comme négociant, tandis que Jeanne Marie, la sœur de Marie et Paul Pujo s'installent à La Nouvelle-Orléans. Paul y décède en 1844. Mais avant son décès Jeanne Marie CESTIA revient à Vic ou elle épouse à l'âge de 26 ans en 1838 Dominique Daveran originaire de Pujo situé à 5 km au sud de Vic-en-Bigorre. Jeanne Marie décède à Vic dans sa maison en 1844.

Dès 1822, Bertrand Carrère cousin de Bertrand Cestia ainé et fils de Jeanne Marie Cestia et de Jean Carrère mariés en 1801, était également présent à Pointe-à-Pitre. Les deux cousins sont passés à la Guadeloupe très jeunes. Bertrand Carrère finit par s'installer à Pointe-à-Pitre comme chapelier.

En 1824, Jean Despalangues désigne Jean Cestia Cadet, boucher, négociant à Vic-en-Bigorre, comme son fondé de pouvoir de tous les biens qu'il possède à Vic. Marié à la sœur de ce dernier, il réussit à convaincre son beau père d'injecter quelques capitaux dans sa compagnie. En 1848, il est de retour à Vic ou il finit ses jours.

Bertrand Cestia dit cadet ou Adolphe (1810-1885), le frère de Marie et Bertrand, est en Guadeloupe dés 1827. Il migre à la Nouvelle-Orléans vers 1832. D'abord marchand colporteur puis commerçant, il revient en France vers 1875, l'année ou il hérite de son frère aussi prénommé Bertrand. Son frère comme lui n'a pas d'héritiers.

Bertrand CESTIA (1805-1875)


Bertrand Cestia dit l'Aîné, négociant à la Guadeloupe, est arrivé très jeune à la Guadeloupe. Il a bénéficié sur place  de relais familiaux. Il comprit assez vite qu'il retirerait davantage des échanges commerciaux en travaillant directement avec les maisons installées dans les ports de Bordeaux, Nantes (Homberg et Homberg frères) ou Marseille ce qui évitait de partager les bénéfices avec ses deux beaux-frères.

Il est difficile de savoir combien d'aller retour Bertrand Cestia a fait entre Point à Pitre et Bordeaux pendant tout son séjour en Guadeloupe. Les archives nous indiquent cependant qu'il embarque sur "La Flore" à Bordeaux le 26 juillet 1825 et qu'il arrive à Point à Pitre le 26 septembre 1825. Six à huit semaines était en effet le temps nécessaire à cette époque pour faire la traversée.

Sur la base d'une correspondance adressée à la maison Despalangues (archives familiales hélas disparues), un historien local de Vic fait état, dans des articles publiés en 1953 [[41]] et repris dans une publication collective, d'une exploration de la côte d'Afrique, une expédition négrière qui aurait été menée par Bertrand Cestia. Il semble probable que l'expédition décrite dans cette lettre, qui se serait déroulée en 1827, ne soit pas l'œuvre de Bertrand Cestia. Pour autant, et ceci ne déroge pas de l'époque, il disposait sur place d'esclaves à son service.

Entre 1827 et 1833, Bertrand Cestia intervient, outre son activité de négociant, comme représentant des héritiers de Jean Brescon; lesquels héritiers demeurant à Auriébat ont besoin d'un représentant en Guadeloupe pour dénouer cette succession complexe. En 1833, alors que le règlement de la succession est quasi terminé, il transfère à Bertrand Carrere, son neveu, les procurations reçues des héritiers de Jean Brescon.

En 1831 Bertrand Cestia est peut être tenté de changer de métier. Il signe avec un autre Cestia prénommé Pierre [[42]] une vente par laquelle il devient copropriétaire avec Pierre Cestia et Jean Baptise Jammes [[43]], docteur en médecine, d'une habitation importante dite "Champs d'Asile" située à Sainte Rose. De part le contrat signé, Pierre Cestia garde 25% de la société crée et le reste est partagé en deux parts égales. La transaction s'élève à 37 702 francs pour environ 190 ha et bâtiments associés. Assez curieusement aucun esclave n'est mentionné au contrat. Cette vente est résiliée la même année 4 mois plus tard. Il en coutera 5 400 Francs à Bertrand Cestia et Jean Baptiste Jammes.

Le 22 octobre 1832 Bertrand Cestia s'engage, comme l'exige la loi, à subvenir aux besoins de Zabeth 63 ans esclave qu'il avait affranchie.

Bertrand Cestia achète, en 1833 aux héritiers de Jean Brescon décédé à la Guadeloupe en 1826, le domaine de Saint-Aunis à Vic en Bigorre. Il se serait retiré à Saint Aunis en 1842. Pujo, en 1834, avant de s'embarquer pour l'Amérique, séjourne dans la maison de Bertrand Cestia. Pujo écrit à ce dernier, son beau-frère, alors à Pointe-à-Pitre : "Je suis descendu chez vous, à Saint-Aunis, où j'admirai avec bien du plaisir cette belle propriété. Vous y avez le plus beau maïs de toute la Bigorre, vous en aurez de 150 à 200 hectolitres [La culture du maïs se développe dans les Hautes-Pyrénées, à dater de 1830, alors que cette culture, introduite au XVIIIème siècle était restée stationnaire jusqu'alors.]; il y aura même assez de vin malgré la gelée".

Jean Brescon, La Lézarde ( - 1826)

Jean Brescon (1769-1826) dit David, originaire de Bigorre, est planteur au Petit-Bourg, propriétaire d'une habitation-sucrière importante appelée "La Lézarde". Il décède le 29 avril 1826 sans avoir pu réaliser son rêve de se retirer à Vic-en- Bigorre, où il avait acheté le domaine de Saint- Aunis qui appartenait au XVIIIe siècle aux Lataste.

Jean Brescon dit David est le deuxième d'une fratrie de huit enfants. Il n'a pas eu d'enfants. Ses dix héritiers sont ses trois frères et trois de ses sœurs, la quatrième, déjà décédée, étant représentée par un neveu et trois nièces.

Un premier accord intervient entre les héritiers en Janvier 1827, au cours d'une réunion en présence de deux sœurs du défunt et de deux nièces. Les quatre héritiers ont fait le voyage de France pour défendre elles même leurs intérêts. Un certain Pascal Pujot fait aussi le déplacement de Bigorre pour représenter la troisième sœur, un neveu et une nièce. Jean Baptiste Brescon, le fils de Jean le frère du défunt fait aussi le déplacement pour assister à cette réunion. Enfin les deux frères du défunt Bertrand et Pierre sont représenté conjointement par Bertrand Cestia négociant et Pierre Desbordes également négociant à Point à Pitre. Au total ce sont 16 personnes y compris notaires, experts, huissier, etc. qui se réunissent les 3 et 4 janvier 1827 pendant un jour et demi "dans la maison principale de l'habitation sucrerie dite la lézarde après avoir vaqué au dit récolement depuis hier matin par triple vacations journalières pour accélérer, sans autres interruptions que celles du repos et du sommeil."

Au moment de son décès Jean Brescon ne disposait que de la nue propriété du château de Saint Aunis, les héritiers décident donc de rester en indivision pour ce bien.

L'habitation "La Lézarde" fait l'objet d'un inventaire détaillé comportant la liste des esclaves, 140 au total, la liste des parcelles de terre et leur état [[44]], 15 parcelles au total totalisant 97 ha pour un rendement total estimé à 2 tonnes de sucre produisant un CA estimé à 128 000 francs, et la liste de divers meubles, outils et équipement nécessaire à l'exploitation. L'acte du 4 janvier 1827 nous apprend aussi qu'il y avait aussi à La Lézarde, un cheval, 30 mulets et 42 bêtes à cornes dont deux sont en déficit dont une vache et une génisse consommée pour le repas à la présente opération. De gros mangeurs de viande que ces Bigourdans !

Comme convenu entre les héritiers La Lézarde sera vendue aux enchères. Suite à une mise à prix de 800 000 francs, l'adjudication sera attribué à Remy Blandin, habitant demeurant à la Goyave, pour le prix de 801 000 francs payable en sucre brut à hauteur de 163 000 francs comptant et le reste en huit anuité [[45]].

Le règlement de cette succession sera difficile, du fait d'un testament dont l'interprétation divergente entre les héritiers, conduira finalement, pour régler le différent sur la part revenant à chacun, à une action en justice. Entre 1827 et 1833, Bertrand Cestia interviendra à titre de mandataire plusieurs fois dans des actes relatifs à cette succession.

Jean Baptiste Cestac (1781- )

Jean Baptiste CESTAC est originaire de Villemur un petit village au sud de Castelnau Magnoac dans les Hautes Pyrénées. En 1824 il est en Guadeloupe "propriétaire". Il y vend à Marie Catherine Xavière PICARD une habitation et un "retour de terre". Les expressions "propriétaire" et "retour de terre" montrent qu'il ne vend pas une propriété importante. Mais la taille modeste du domaine n'a pas découragé son acquéreuse, car, 4 mois plus tard à 39 ans, elle l'épouse. Marie Catherine Xavière est née en Guadeloupe de Adrien Pierre et de Marie Rose DAUREAN.

Philippe Cestia (1805-1855)

Philippe CESTIA, l’oncle de mon arrière-grand-père Honoré CESTIA, quitte Louit son village natal pour la Guadeloupe. A 29 ans il y est commerçant et épouse Marie Anne « Zéline » de Matignon qui a 11 ans de plus que lui. Elle est née en Guadeloupe, fille d’un colon, veuve sans enfant. Lui est déjà un petit propriétaire bien établi ce qui lui permet de racheter indirectement à son épouse l’héritage de 9 800 Francs qu’elle tient de sa tante Sophie et dont elle doit se séparer pour éponger des dettes. Pierre Fabares, sans doute un ami ou un parent, achète l’héritage à Zéline évalué à 9 800 francs composé de divers bien mobiliers dont deux esclaves adultes évalué à 2 000 francs et d'une maison en bois d'un étage sur un terrain de 900 m² évaluée à 6 000 francs. Pierre Fabares revend le tout au même prix à Philippe deux semaines plus tard.

En 1848 Philippe Cestia, 41 ans, qui a débuté comme commerçant, est devenu un "habitant" c'est-à-dire propriétaire d'une habitation. Il possède environ douze esclaves pour travailler dans sa petite "habitation" ce qui lui vaut d’être indemnisé lors de l’abolition de l’esclavage en 1 848 [Annexe 7 – Indemnité coloniale en Guadeloupe]. Pour disposer sans doute plus rapidement de cette indemnité dont le paiement est prévu par la loi pour l'essentiel en 20 annuités, il vend ses droits à indemnité, pour un prix forfaitaire de 5 000 francs, à Jean Despalangues retiré à Vic [[46]].

Quelques années plus tard Philippe meurt à l’âge de 47 ans, laissant son épouse à nouveau veuve.

Pierre Cestia

Pierre Cestia est propriétaire d'un domaine important d'environ 200 ha situé de part et d'autre de l'actuelle D18 entre la plage des amandiers et les montagnes. Ce Cestia pourrait être Pierre Cestia né en 1795 à Vic en Bigorre [[47]]. En 1831, Pierre Cestia tente de s'associer avec Bertand Cestia, négociant à Point à Pitre, que nous avons déjà rencontré dans notre récit (voir page 13), mais à l'initiative de ce dernier l'association est rompue.

En 1851 Pierre Cestia et Mlle Marie Geneviève Joséphine Baimbridge, majeure sans profession, qui demeure en la commune du Lamentin en Guadeloupe, se rendent ensemble chez leur notaire.
Ils donnent, l'un et l'autre, pouvoir à M. Rougemont de Lowemberg, banquier, demeurant à Paris, de faire inscrire, en leurs noms, sur le grand livre de la Dette Publique, tous les certificats de liquidation de l'indemnité coloniale [[48]]. Ils confient à ce banquier la gestion de leur indemnité qui s'élève pour Mlle Baimbridge à 18 621,12 Francs [[49]].

Le déclin de la Guadeloupe

En 1835 la concurrence du sucre de betterave entraine une crise de surproduction du sucre et de baisse des cours. Cette crise marque le début du déclin économique de l'île. En 1844, un an après le tremblement de terre du 8 février 1843, le mouvement migratoire vers les Antilles semble contrarié, arrêté même par une légère émigration vers l'Algérie.

Lorsque la situation sera difficile à la Guadeloupe, notamment du fait de l'abolition de l'esclavage promulguée sans délai dans l'île le 27 mai 1848, le repliement se fera de la Guadeloupe vers la Nouvelle-Orléans où l'on espère retrouver cette même vie coloniale, ces mêmes cultures, un négoce susceptible de permettre un enrichissement rapide.

Les révoltes de 1850 en Guadeloupe marquent la fin de l'épopée Bigourdane aux îles.

Les Cestia aux Etats-Unis d'Amérique

Les Cestia en Louisiane 1850

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Les ancêtres de Cestia Alexandre sont les Cestia Coutillou une famille de Lescurry depuis au moins 1606 dont nous avons déjà parlé dans les chapitres précédents. Alexandre est né à Lescurry mais il s'installe à Vic-en-Bigorre, puis à Bordeaux. C'est à Bordeaux que né son plus jeune fils Jean Alfe qui sera tenté par l'aventure de l'Amérique.

Jean Alfe à 26 ans épouse à Abbeville en l'église St Pierre Marie Zulma Fontelieu. De se mariage naitra deux enfants Alexandre et Marie Laure. Un grand nombre de Cestia vivant actuellement aux états Unis d'Amérique et plus particulièrement en Louisiane descendent de cette famille.

Les Cestia à New York, et en Italie, fin XIX°s

D'autres Cestia dont nous ne savons pas grand-chose …

Le 3 mars 1905 Rosina CESTIA, née le 9 mars 1868 à Vic en Bigorre, 36 ans, célibataire, arrive à New York en provenance de Liverpool. Elle sait lire et écrire. Sa résidence antérieure était Londres. En 1896, Rosina CESTIA a fait un voyage à San Francisco.


Le 27 juillet 1907, Fortunato CESTIA, né à ROME en 1889, célibataire, arrive à New York avec 12 dollars en poche. Il a fait la traversée Naples – New York à bord du Cretic. Il a laissé sa mère à Rome dans sa maison natale rue San Félice Circeo[50]. Il est ouvrier agricole. Il ne sait ni lire ni écrire. Il vient aux Etats-Unis d'Amérique retrouver son beau-frère J. Antonia Armento Payton A son arrivée il est examiné par le médecin H Mc MASTE qui certifie son état de bonne santé.

Le 16 septembre 1910, Serafina CESTIA, née en Italie en 1875 à Alcara-Li-Fusi en Sicile, mariée, arrive à New York avec 15 dollars en poche. Elle a fait la traversée depuis Palerme. Elle ne sait ni lire ni écrire. Elle vient aux Etats-Unis d'Amérique retrouver son frère au "Carmelia Valenti".

Les CESTIA en Uruguay et en Argentine de 1850 à 1918

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Le contexte historique

A partir de 1850 l'Uruguay connaît une forte croissance de sa population [[51]] due à une immigration beaucoup plus diversifiée. Montevideo compte à la fin du 19°s une population étrangère importante originaire d'Italie, d'Espagne, du Brésil, et de l'Argentine. Les institutions uruguayennes ont favorisé l'intégration de ces populations permettant à ce pays de se construire à partir des apports culturels de l'Espagne, de la France, de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Angleterre et des Etats-Unis.

Ainsi beaucoup de Français et notamment des Bigourdans sont partis en Uruguay. L'année1852 est l'apogée de la présence étrangère dans cette ville.[[52]]

L'immigration des européens en Uruguay est décrite par Lionel DUPONT en trois périodes :

La période initiale, intitulée «Les Premiers Arrivants», correspond aux années postérieures aux soulèvements argentins et uruguayens pour la conquête de leur l’indépendance. Elle coïncide avec l’arrivée des premiers émigrants européens

La deuxième période «Le temps des Français» débute en 1837 avec la proclamation de la constitution de la République Orientale de l’Uruguay, et s’achève avec la fin du siège de Montevideo, puis la fuite du dictateur ROSAS en Grande Bretagne. Cette période, que nous aurions pu également appeler "Raz de marée sur Montevideo" constitue en effet la grande époque de l’émigration française en Uruguay. Elle a atteint son apogée en 1843, au beau milieu de la "Guerra Grande".

La troisième période, baptisée "La Période Argentine" débute en 1852 avec le déclin de Montevideo comme premier port de débarquement des français dans le Rio de la Plata. A partir de là, cette place prépondérante [de premier port] sera occupée définitivement par Buenos Aires, malgré une certaine reprise de Montevideo pendant la Guerre de la Triple Alliance (1865-1870) contre le Paraguay.

Apparue en même temps que le 19éme siècle, la Révolution industrielle a créé les conditions économiques de l'émigration européenne. La crise agricole avec son cortège de mauvaises récoltes et d’archaïsmes, la paupérisation des populations et la montée du chômage en Europe, en sont les premiers responsables alors que, face à la surpopulation européenne, avec des coûts de transport en diminution, les besoins de main d'œuvre ne cessent de croître de l’autre côté de l’atlantique.

… les trois principales causes de l'émigration constatées dans le département : le refus de la conscription, le régime successoral et le droit d'aînesse, la propagande des agents d'émigration. (DUPONT)

Les premiers Cestia en Argentine et en Uruguay

Les listes d'embarquement ou d'autres sources fournissent des renseignements sur la présence de Cestia en Argentine et en Uruguay à partir de 1850 [[53]]:

·         Jean Marie Cestia 38 ans obtient en 1850 un visa pour Buenos Aires.

·         Le 11 février 1852 Jean Marie Cestia 30 ans obtient un visa pour Montevideo. Il embarque sur "La Sirène". (ou Le Parana)

·         En 1861 Bernard Cestia né à Dours en 1842 embarque à Bordeaux pour l'Argentine.

·         En 1866 Romain Monlézon 20 ans fils de Marie Cestia de Vic réside à Buenos-Aires.

         Luis Gabino Sestia est né en 1905 à Tres-Arroyos, il y décède en 1940; sa fille Yolanda Sestia Le 26 août 1930 naît à Quequen la fille de Luis Gabino et de Dominga Micaela Dologaray.

Quelques 30 ans plus tard Honoré Cestia, mon arrière-grand-père et son frère Auguste Sylvain partiront eux aussi pour Montevideo ou l'Argentine.

Auguste Sylvain CESTIA (1864- )

Le cadet arrive le premier à Montevideo au début des années 1880 où il est agriculteur. On ignore s'il a été marié, ou s'il a laissé une descendance. Il aurait écrit à son frère, encore à Louit, qu'Honoré était trop instruit pour faire en Uruguay, comme lui, le métier d'agriculteur. Honoré a mis plus tard ce conseil en application. Sylvain a peut être migré vers l'Argentine avant 1900.

Honoré Jean Marie CESTIA (1857-1934), l'épopée uruguayenne

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Part à son tour pour Montevideo peu de temps après son frère cadet. Il laisse sa mère seule à Louit. Arrivé sans fortune, et sans autre métier que celui de paysan, il trouve sans doute à s'employer auprès de compatriotes ayant migré avant lui. En 1885, il épouse Victorine Mothe (1865-1899) née en Uruguay d'une famille d'origine Bigourdane.

Victorine Mothe est la petite fille de Dominique Sentubery, originaire d'Oléac Débat situé à 4 km de Louit, dont la plus grande partie de la descendance migre en Uruguay, constituant là aussi un clan familial et réseau d'affaires efficace.

Le 9 juillet 1888, Victorine MOTHE écrit en France à sa cousine Marie Louise Rosa la fille de Jean Sentubery, arrivée en Uruguay très peu de temps après sa naissance à Sémeac. Marie Louise Rosa est rentrée en France à l'âge de 8 ans lorsque son père Jean Sentubery s'est retiré à Oleac-Débat. Dans sa lettre Victorine évoque le souvenir des moments passés ensemble et lui confie à propos de son fils de 11 mois, déclaré Felipe à l'état civil Uruguayen, "Laissez-moi vous dire que le petit bébé se porte à merveille, il commence à marcher tout seul, il n'est pas encore baptisé ce qui fait qu'il n'a pas encore de nom".

Le mariage d'Honoré avec Victorine Mothe, d'une famille bien implantée à Montevideo, lui permettra de partager, 14 mois plus tard, avec Dominique Dupont, un cousin germain de son épouse, la direction d'un important commerce de chaussures fondé 25 ans plus tôt par Jean Sentubery. Le 16 Juin 1886, le journal "EL DIA", dont c'était le premier numéro, publie un encart publicitaire annonçant la cession de l'affaire de Jean Sentubery à ses neveux.

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Sur la liste de descendance ci-dessous, les migrants sont inscrits sur fond gris.

Victorine Mothe meurt des suites d'une fièvre puerpérale consécutive à l'accouchement de son quatrième enfant, Victor, qui vivra quelque temps, puis décède accidentellement. Il s'ébouillantera. C'est cet événement qui décide la grand-mère Magdelaine Marthe Dortignac, que nous avons déjà rencontré plus haut dans le récit - voir "Les Cestia de Louit" page 7-, à venir chercher son fils et ses trois petits-enfants. Honoré Cestia décide donc de rentrer en France avec sa mère. Il laisse alors la "Bola de Oro" à Dominique Dupont qui la dirigera jusqu'à son décès. Eugenio Dupont "Tío Eugenio" en reprendra la suite jusqu'en 1948.

Victorine Sentubery est la marraine et la tante de Victorine Mothe. Victorine Sentubery est la dernière cadette). Elle rejoindra son frère et sa soeur en 1865. Elle épouse, sans doute à Montevideo, un compatriote pyrénéen dénommé Caresson.

Dominiquette Sentubery, une autre tante de Victorine Mothe, semble avoir vécu avec son beau-frère, François Dupont, quelques mois à peine après le mariage de celui-ci avec sa sœur aînée Domenge. Cette situation illégitime donne naissance à deux enfants, Dominique Dupont, et Joséphine Rosalie. Dominique Dupont apprend, vers l'âge de 15 ans, la situation illégitime de ses parents qu'il n'admettra jamais. Il décide alors de partir rejoindre (ou de l'y accompagner) son oncle, Jean Sentubery. Il arrive à Montevideo vers l'âge de 16 ans ou un peu plus.

La famille Dupont est également alliée à la famille Meyranx, originaire des Landes, dont une grande partie a aussi migré en Uruguay.

Sur la liste de descendance ci-dessous, les migrants sont inscrits sur fond gris.

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Eugénie Marceline -Meyranx, fille de Jean Eugène Meyranx, épouse vers 1885 à Montevideo Dominique Dupont fils de François Dupont et de Dominiquette Sentubery. Ce couple aura trois enfants : Eugénio DUPONT (1886-1949), Marie Felicia DUPONT (1894-1993), Juan-Carlos Eulalio DUPONT (1898-1984).

En 1914, Juan-Carlos Eulalio (Jean Charles) DUPONT, alors élève dans une école militaire à Montevideo, décide de venir défendre la France, sa "seconde patrie" selon ses propres termes. Il manifestera dans ce projet un enthousiasme et une détermination extraordinaire. Les lettres qu'il fait parvenir alors à ses parents sont un témoignage direct, spontané, authentique, et sans langue de bois sur cette période de notre histoire. Une partie de ces lettres sont publiées sur le site web de Lionel Dupont.

Sur son site [[54]] notre cousin raconte aussi l'histoire de Jean Sentubery. En voici quelques extraits.

Le premier des 3 cadets à partir [en Uruguay] sera Jean [Sentubery] seul garçon et quatrième cadet. Il s'embarquera en 1857 à bord de l'Armand Rou, pour échapper à la conscription, comme beaucoup de pyrénéens à l'époque où malgré la loi, le droit d'aînesse et de masculinité continue. Il serait arrivé à Montevideo le 20/8/1857, en plein hiver Austral.

En 1860, à 22 ans, Jean Sentubery fonde la Zapatería "LA BOLA DE ORO", (cordonnier de métier, il était naturel qu'il ouvre un magasin de chaussures) calle Rincón y Juncal. Le magasin existe toujours, aux confins de la Ciuad vieja et de la place Independencia mais en 1991, il était abandonné depuis plusieurs années (Crise économique). Il a ensuite été occupé par un restaurant végétarien (un comble au pays de mangeurs de viande !)

Vraisemblablement Jean Sentubery commence à songer à sa succession pour le magasin la "Bola de Oro". Il pense à son cousin dit "Le Borgne" - Jean Sentubery (qui porte les mêmes nom et prénom que lui).

Vers 1874/1875, il a 36/37 ans : JS effectue un premier voyage de retour en France pour s'y marier. Il épousera sa cousine germaine : Jeanne Marie Sentubery, née le 23.09.1846 à Oléac. [[55]]Nous ne connaissons toujours pas les lieux, date et circonstances du mariage. En effet, nous n'avons, jusqu'à présent, rien trouvé à Séméac Oleac ou Castera-Lou).

Après 1877, Jean Sentubery repartira pour Montevideo avec toute la famille, vraisemblablement pour reprendre en main ses affaires (magasin, quinta et immeubles). Le cousin " borgne " et beau-frère a sans doute finalement définitivement déçu (ou pris une autre orientation ) Toujours est-il que JS ramène avec lui son neveu, Dominique Dupont, vraisemblablement dans l'idée de le former et de le " tester " avant de lui céder "LA BOLA de ORO""

Jean Sentubery retourne définitivement en France. Il s'installera à Oléac-Debat.

Jean Sentubery et Pierre Ader sont devenus des "notables" et des hommes "arrivés". Ils ont gardé plusieurs immeubles de rapport de l'autre côté de l'Atlantique dont ils perçoivent les loyers. A Montevideo les neveux gèrent les loyers de leur oncle qu'ils lui versent tous les 3 mois en même temps que celui qu'ils lui versent pour le magasin et les appartements qu'ils occupent calle rincon. Comme beaucoup d' "Américains", Jean Sentubery et Pierre Ader sont devenus maire de leur village (JS a succédé à son beau-père).

Jean Sentubery a su donner à ses enfants une bonne instruction primaire. (L'Ecole de la "République"). Quant à la sienne, elle existait sans doute au départ, mais il a su très certainement la développer au cours de ses voyages en même temps que son sens des affaires. De ce point de vue ma grand-mère (Marie Louise) lui ressemblait sans doute. Cela me permet de dire qu'il avait également un certain sens de l'humour (Voir l'article paru dans "El Día")

Jean Sentubery s'éteindra à Oléac-Debat, le 23.03.1901, à l'âge de 63 ans (il se serait noyé). Son épouse, Jeanne Marie, décédera à son tour, à Tarbes, le 6 juin 1906, âgée de 60 ans.

Lionel Dupont raconte également l'histoire de Eugène Jean MEYRANX

En 1867, le jeune couple [Eugène Meyranx et Félicitée Lasserre] 29 et 23 ans, décide de quitter la France pour MONTEVIDEO avec leurs trois enfants (4 ans, 2 ans, et 10 mois). En cela Jean Eugène fait comme son frère aîné, parti¨depuis presque 10 ans comme agriculteur aux Etats Unis dans l'ILLINOIS à Ste ANNE.

Notre futur émigrant est un bon professionnel, charpentier comme son père et son grand père. Son métier, exercé lors de la construction d'ARCACHON, lui a permis de constituer un pécule suffisant, lui permettant de financer son voyage et de démarrer l'entreprise de Charpente qu'il envisage de créer à Montevideo. Par des parents Béarnais, famille BARADAT [oncle de son épouse], il a connaissance du boom économique suscitée par la Guerre avec le Paraguay et la forte demande de la capitale Uruguayenne dans le secteur de la Construction. Finalement, il retient son passage à bord du trois mâts "L'AFRICAINE" qui partira de Bordeaux le 8 Juillet 1867.

[ ]L'entreprise de charpente créée par Jean Eugène MEYRANX participe à la construction de la "Casa de Gobierno" de la Plaza Independencia. Il construit aussi des "Folies" de style français dans les beaux quartiers du PRADO et de la UNION (où il s'établit) et [participe aussi à la construction] de plusieurs villas sur la rambla à "Pocitos". (de style arcachonnais !). Il semble qu'il ait également créé une scierie (reprise par Tío Victor ?? avant son départ, avant 1914, pour Buenos Aires).

Honoré CESTIA de retour à Louit

A son retour en France Honoré Cestia épouse Anna Marie Irma Villa, la fille de Jean Villa, cultivateur, le 3 juin 1902 à Louit. Il est alors âgé de 44 ans. Elle a 17 ans. Le mariage avec Anna est célébré à 7h du matin. Un contrat de mariage avait été établi entre Honoré et Anna VILLA le 15 février 1902 devant Me Sabail, notaire à Maubourguet (au nord de Vic-en-Bigorre).

De cette union naîtra André CESTIA le 29 mai 1907.

Le 24 septembre 1918 Emile le fils d'Honoré meurt pour la France.

Le 7 février 1925, la mère d'Honoré, Magdelaine Dortignac meurt, âgée de 88 ans. Le 20 mars de la même année Honoré perd son épouse Anna, âgée de 40 ans. Honoré Jean Marie Cestia meurt le 20 février 1934 à Louit âgé de 76 ans.

Philippe Felipe Cestia (né le 3/8/1887 à Montevideo) dit " Félix ", Vice Consul d'Uruguay et Assureur. Félix est un prénom utilisé fréquemment dans le Rio de la Plata. La consonance proche de Felipe, son prénom d'état civil, explique sans doute l'usage de cet autre prénom. Honoré, son père, a déclaré la naissance de son premier fils, Félix, au service d'état civil uruguayen. C'est ainsi que Félix deviendra uruguayen et le restera toute sa vie. Honoré apprendra plus tard qu'il aurait dû déclarer son fils au consulat de France pour qu'il acquière la nationalité française, ce qu'il souhaitait. Ses deux autres fils, nés en Uruguay, seront déclarés au consulat de France. Ils auront ainsi la nationalité française qu'ils garderont.

Félix est diplômé de l'Ecole Supérieure de Commerce de Bordeaux. Il épouse 19 septembre 1912 à Pélissanne (13) Julie Joséphine Léocadie Laurens, fille de Gustave Léon Laurens, Cultivateur devenu Hôtelier, et de Marie Joséphine Rose Roman.

Félix est toujours resté Uruguayen. Il a vécu en France à partir du retour de son père en 1899. En 1912 (25 ans), il était déjà au consulat de Marseille, où il deviendra Chancelier, puis le 17/7/1925 vice-consul. A partir de 1915, il habite dans un appartement au 37, rue Estelle à Marseille, où deux pièces étaient réservées au bureau du consulat. En octobre 1914, la famille Cestia souhaitait se rendre en Amérique, mais la "maudite guerre " les en a empêchés. [[56]]

Le 5 février 1943, parce qu'étranger et diplomate, donc suspect aux Allemands, notamment du fait d'une prise de position politique hostile de l'Uruguay, il est reconduit à la frontière par les Allemands. Il se réfugie à Barcelone où son épouse le rejoindra le 28 janvier 1946. Avant ces retrouvailles, pendant plusieurs longs mois, il ne peut communiquer avec sa famille. Il réussira ensuite à faire passer du courrier par la Suisse. Il rentre le 25 octobre 1946 et reprend ses fonctions de vice-consul.

Felix et Julie, mes grands-parents, auront trois enfants : Maurice Marie Honoré (1913-2002), Chiquita Lucienne (1915-1928), Emile Maxime (1919-1935).

Felix Philippe Felipe CESTIA meurt le 14 novembre 1953 à Marseille, âgé de 66 ans.

Emile CESTIA, frère de Felix, est né le 3 juillet 1889 à Montevideo. Il est Employé des Postes. Il épouse Fernande Gauthier le 5 juin 1913. Ce couple aura un enfant : Alberte. Emile Cestia 8ème Régiment du Génie est mort pour la France le 23 septembre 1918 à l'Hôpital bénévole 21 de Berck Plage (Pas de Calais) des suites de blessures de guerre.

Jules CESTIA, le troisième frère, est né le 25 juillet 1893 à Montevideo. Il épouse Thérèse BEGUET le 25 octobre 1925. Ce couple aura deux enfants : Louis, et Madeleine. Jules CESTIA meurt le 28 janvier 1958, âgé de 64 ans.

Jean Charles (Juan Carlos) DUPONT (fils de Dominique DUPONT) dans son courrier du 27 octobre 1914 à ses parents raconte au sujet de son cousin Jules:

Comme tu le sais, il est au front où il a failli mourir quatre fois. La première fois c'est un morceau de mitraille qui lui a traversé l'oreille, le blessant légèrement. La deuxième, cela a été un obus qui lui est passé sous le bras, mettant la capote en lambeaux sans toucher les chairs. La fois suivante il a été nommé caporal. La dernière enfin, celle où il a été le plus prés de la mort, s'est déroulée ainsi :

Le sergent avait [devait] faire une commission. Et comme il se trouvait là, il lui dit de rester de garde pour surveiller les vivres. Soudain, l'ordre d'attaque est donné à la compagnie, mais il ne peut faire rien d'autre que de rester là pour garder les vivres jusqu'au retour du sergent. Par chance, le sergent ne revint pas avant 2 heures. De la compagnie qui comprenait 90 hommes au départ, il n'est restait plus que 8 hommes. Il dit que si ce n'avait été à cause des vivres, il y serait aussi resté avec ses camarades. Il dit qu'ainsi il a échappé d'une mort certaine. La guerre est très sanglante. Les hommes tombent comme des mouches.

Après avoir exercé la profession d'employé des Postes, puis celle de régisseur, Jules Cestia exploite les terres de son épouse.

André CESTIA, le quatrième enfant d'Honoré Cestia, est né le 29 mai 1907 à Louit. Il est exploitant agricole. Il épouse Graziella DUPONT, le 21 avril 1934 à Louit. Ce couple aura un enfant : Roger. André CESTIA meurt le 11 juin 1940, âgé de 33 ans.

Les Cestia en Algérie

Pour l'instant seulement quelques piste de recherche qui n'ont pas été encore exploitées :

32 6M772 CESTIA Jean CULTIVATEUR 65000 TARBES, ALGERIE 1846 Attrib.Sec.Rte:Isle Jourdain

32 6M772 CESTIA Jean Marie TAILLEUR 65000 TARBES, ALGERIE 1846 Attrib.Sec.Rte:Mirande

Il y a de grande chance que ce soit le même individu, Jean ou Jean Marie CESTIA, originaire de Tarbes Cultivateur ou Tailleur sans doute de pierres...mais peut-être d'habits, qui reçoit en 1846 à Mirande et à l'Isle Jourdain des secours de route sur son trajet vers l'Algérie.

Mariage à 93410-Bougie Algérie le 05-03-1841 de CESTI avec Curgio Augustin Werther

Conclusion

Je voudrais tout d'abord remercier les nombreux contributeurs qui m'ont apporté de précieuses informations :

Raymonde AUBIAN, Monique BORDENAVE, Jean BORDERES, Thierry CENAC, Burton CESTIA, Michel CESTIA, Lionel DUPONT, Suzanne GRANGER, Bernard HERROU, Roland LARRE, Jeannette LEGENDRE, Alain MEDINA, Roberte THOMASSET.

Comme indiqué en préambule, cette étude n'est pas terminée; mais les premiers éléments réunis permettent d'avancer quelques idées en guise de conclusion.

Les biographies étudiées, sélectionnées par le patronyme porté, constituent un échantillon des Bigourdans, de Bigorre ou expatriés, du XVII°s au XIX°s. Cet échantillon, malgré son faible niveau de représentativité, permet cependant d'approcher la réalité, et ainsi de dessiner une image de la Bigorre à cette période. La taille de l'échantillon étudié (301 personnes portant le patronyme étudié) conduit cependant à la plus grande prudence sur l'énoncé de conclusions à l'issue de cette étude. Par contre le fait que l'échantillon soit constitué un patronyme unique ne me semble pas être un élément susceptible de diminuer la représentativité de l'échantillon. Les Cestia ne sont ni plus beau, ni plus intelligents, ni plus ou moins tout ce que l'on voudra que le reste des Bigourdans vivant à leur époque !

Un des premiers traits saillants concerne la migration des Bigourdans. Si, comme dans beaucoup de régions de France, la population reste majoritairement agricole, l'impact de la colonisation aux Antilles, ou des migrations en Amérique du sud est important en Bigorre. Ces départs apportent, de part ceux qui reviennent, ou de part les héritages de ceux qui sont partis et qui n'ont pas fondé de famille, une richesse à leur pays d'origine. Bon nombre de maisons agrandies au XIX°s témoignent encore aujourd'hui de cette prospérité économique.

Les Bigourdans expatriés forment souvent, aux Antilles ou en Amérique du sud, des groupes où réseau d'affaires et clan familial sont étroitement liés.

Ceux qui reviennent fortune faite ne sont pas des grands bourgeois de la finance, mais des gens qui restent encore proche de leurs racines agricoles. Le souvenir des migrants en Amérique du sud reste encore vivant aujourd'hui.  Par contre la période de prospérité apporté par le sucre et son corolaire l'esclavage encouragé par la royauté, a rapidement été oubliée … il convient simplement de le dire et d'essayer d'apporter les faits constatés.

Le deuxième constat que je fais concerne le souci de bouger, de partir pour trouver mieux ailleurs. J'ai eu l'occasion de m'intéresser à une généalogie dans un village de Provence. Dans ce village tous les ancêtres de mon aïeul sont du même village sur plus de 10 générations et l'on ne trouve aucun migrant. On mesure là le contraste entre ces deux régions. Ainsi les Bigourdans semblent avoir fait face à la rudesse du XVII°s avec ces disettes, famines et épidémies, par une recherche de nouveaux territoires. Ces initiatives nécessitaient des moyens économiques. L'essor économique apporté par la colonisation a vraisemblablement joué un rôle majeur dans ces mutations.

Enfin, j'aurai aimé pouvoir faire un troisième constat concernant l'origine de la première famille Cestia arrivée en Bigorre. Hélas ma quête du graal n'est pas encore terminée et je n'ai toujours pas réunis tous les Cestia dans un même arbre généalogique. Cette découverte devrait donner des indications plus précises sur l'origine de ce patronyme que je ne manquerai pas de transcrire dans une prochaine version de cette étude.

Henri CESTIA Décembre 2010


  Annexe 3 – Déplacement des familles de l'échantillon de référence

Le tableau ci-dessous décrit famille par famille, identifiée par un numéro d'arbre [[57]], le ou les déplacements géographiques. Le terme famille étant pris au sens large, incluant toutes les personnes appartenant à un même arbre de descendance. Les dates fournissent une indication souvent approximative [[58]] d'installation dans la commune.

Comment lire le tableau ci-dessous ? Exemple : Une partie d'une famille présente à Lescurry depuis 1606 c'est installée en 1779 à Lacassagne et une autre partie de la descendance à Beccas à partir de 1732. Des descendants des Cestia de Beccas sont partis vers 1765 à Villecomtal sur Arros puis à Vic en Bigorre en 1803, en 1802 d'autres Cestia sont allés directement de Beccas à Vic, etc.

Abréviations utilisées : Abb. pour Abbeville, Bordx pour Bordeaux, Castel. pour Castelvieilh, L.-Bet. pour Luby-Betmont, L. St Luc pour Lubret St Luc, Mont. pour Montevideo, N. Iberia pour New Iberia, N. Orl. pour New Orléans, P à P pour Pointe à Pitre, Pouy. pour Pouyastruc, St S de R pour Saint Sever de Rustan, Trie sur B. pour Trie sur Baïse, Trois Riv pour Trois Rivières, Vill. /A. pour Villecomtal sur Arros, Vic pour Vic en Bigorre, V. Mont pour Vendays-Montalivet.

 

Annexe 4 – Transformation du patronyme Cestia à travers les siècles

Sous l'ancien régime avant l'apparition de l'état civil, l'orthographe des patronymes s'apparentait à une orthographe phonétique. C'est le livret de famille qui assurera bien plus tard la reconduite de génération en génération de la même manière d'écrire un patronyme.

L'échantillon de référence étudié n'échappe pas à quelques modifications de la manière d'écrire le patronyme. Les actes consultés ont permis de constater les évolutions suivantes.

A Lescurry j'ai pu aussi relever des actes avec les patronymes SEXTIA et SEXTIAN, actes établis par un curé fraichement nommé. N'ayant pas pu remonter l'ascendance de ces personnes, je n'ai pas pu prouver la modification du patronyme qui vraisemblablement est une modification de CESTIAN.

N°[[60]]

Le paronyme du père…

… devient pour le fils ou la fille…

en…

à …

1

CESTIAN

CESTIA

1774

Lescurry et Beccas

1

CESTIAN

CESTIA

1768

Villecomtal sur Arros

6

SESTIA

CESTIA

1774

Nay

7

CESTIAN

CESTIA

1745

Louit

13

CESTIA

SESTIA

1764

Louit

21

SESTHIA

CESTIA

1735

Louit

21

SESTHIA

SESTIA

1764

Louit

21

SESTHIA

CESTIAN

1770

Louit

29

SESTIA

CESTIA

1776

Dours

Les surnoms et nom de maisons

Dans sa monographie du village de Dours T. CENAC[[61]] indique qu'en Bigorre les noms de maison sont souvent indiqués à la suite du nom de famille sur les registres d'état civil. Par exemple SEXTIA SAUCETTER à Dours est un Sextia qui habite la maison Saucetter. Ce surnom est transmis parfois même alors que la famille à quitté son village d'origine et donc la maison justifiant le surnom; c'est le cas des CESTIAN Coutillou nés à Beccas qui continuent à être des Coutillou, le nom de la maison de leurs ancêtres à Lescurry.

Les noms de maison comme les patronymes ont des orthographes variables selon le curé chargé de l'écriture de l'acte. Ainsi Baïlou devient Baylou, Bicata devient Biuatou, Coubé devient Toubé etc.

Les maisons des CESTIA sont à

·         Louit la maison Baïlou,

·         Lescurry les maisons Biuatou, Bordenave, Bourdale, Coube, Coutillou, Dutrey,

·         Dours la maison Sausette,

·         Nay la maison Trébaire

Nom

Surnom

N

Paroisse/commune

CESTIA, Pierre

Baïllou

1735

Louit

CESTIAN, Martial

Baïlou

1767

Louit

CESTIA, Philippe

Baylou

1807

Louit

CESTIAN, Jean

Bicata [Biuatou]

1658

 

CESTIAN, Jeanne

Biuatan

1771

Lescurry

CESTIAN, Arnauld

Biuatou

1716

Lescurry

CESTIAN, Claire

Biuatou

1718

Lescurry

CESTIAN, Etienne

Biuatou

1748

Lescurry

CESTIAN, Marie

Biuatou

1773

Lescurry

CESTIAN, Jean

Bordenave

1671

Lescurry

CESTIAN, Domenge

Bordenave

1706

 

CESTIAN, Marie

Bordenave

1640

 

CESTIAN, Bernard

Bourdale

1720

Lescurry

CESTIAN, Guilhaume

Coube

1710

 

CESTIAN, Dominique

Coube

1713

Lescurry

CESTIAN, Marie

Coube

1736

Lescurry

CESTIAN, Bernarde

Coube

1738

 

CESTIAN, Jean

Coube

1753

Lescurry

CESTIA, Jeanne

Coube

1768

 

CESTIAN, Jeanne Marie

Coubé

1745

Lescurry

CESTIAN, Jeanne

Coubé

1748

Lescurry

SEXTIAN, Jean

couthilou

1715

 

CESTIAN, Jean

Coutihlou

1680

 

CESTIAN, Jean

Coutillou

1626

Lescurry

CESTIAN, Guilhaumet

Coutillou

1664

Lescurry

CESTIAN, Bertrand

Coutillou

1700

Lescurry

CESTIAN, Jean

Coutillou

1703

Lescurry

CESTIAN, Jacques

Coutillou

1707

Lescurry

CESTIAN, Jean

Coutillou

1710

Lescurry

CESTIAN, Bertrand

Coutillou

1727

Beccas

CESTIAN, Guillaume

Coutillou

1730

Lescurry

CESTIAN, Jean

Coutillou

1734

Beccas

CESTIAN, Antoine

Coutillou

1736

Beccas

CESTIAN, Anne

Coutillou

1739

Lescurry

CESTIAN, Jeanne

Coutillou

1756

 

CESTIAN, Jean

Coutillou

1768

Lescurry

SESTIA, Pierre

Dauveille

1695

Aureilhan

CESTIAN, Jean

Dutrey

1745

Lescurry

CESTIAN, Raymond

Dutrey

1768

Lescurry

CESTIA, Marie

Dutrey

1775

Lescurry

CESTIA, Thomas

dutrey

1785

Lescurry

CESTIA, François

Pére Sausete

1689

Dours

CESTIA, Jacques

Saucetter

1776

Dours

CESTIA, Jean

Sausette

1781

Dours

CESTIAN, Bernard

Toubé [Coube]

1768

Lescurry

SESTIA, Jean

Trébaire

1741

Nay

CESTIA, Jean

Trébaire

1743

Nay

 

Annexe 5 – Uruguay

http://www.guidemondialdevoyage.com/images/maps/continents/sam_fr.gif
Histoire

La "République Orientale de l'Uruguay" ou "Uruguay" est le plus petit pays d'Amérique du Sud; il a une superficie égale au tiers de celle de la France. L'Uruguay est situé entre les 30ème et 35ème degrés de latitude sud, au sud du Brésil, et à l’est de l’Argentine, dont il est séparé par le fleuve Uruguay qui lui a donné son nom. Son territoire est essentiellement formé de plaines traversées par de nombreuses rivières, caractéristique géographique favorable à l'élevage.

La colonisation espagnole de la région du Rio de la Plata [[62]] débute au 16°s. Les peuplades indigènes s'opposent violemment à cette invasion. Avant l'indépendance de l'Uruguay en 1828, de nombreux conflits opposent, Espagnols et Portugais, mais aussi Anglais contre Français et Espagnols. L'affaiblissement de l'Espagne en 1810, la rivalité entre Buenos Aires et Montevideo, font naitre en Uruguay une aspiration à l'indépendance. Il faudra de nombreux affrontements violents entre les peuples argentins, uruguayens, espagnols, portugais, et brésiliens nouant et dénouant des alliances selon les opportunités, pour aboutir le 18 juillet 1830 à l'adoption de la première constitution uruguayenne.

A partir de cette date, jusqu'au début du 20°s, l'Uruguay connaitra de nombreux conflits avec les pays voisins. Au même moment, beaucoup d'immigrants, surtout des Européens, viendront s'installer en Uruguay. Lors de la grande Guerre entre l'Uruguay et l'Argentine aux mains du dictateur Rosas, les Français constituent plus de la moitié de la population étrangère de la ville. En 1843, en plein siège de Montevideo, des Français se conduiront en héros pour défendre la ville contre les assaillants argentins. Cet épisode soudera pour longtemps l'amitié franco-uruguayenne.

A partir de 1850 l'Uruguay connaît une forte croissance de sa population [[63]] due à une immigration beaucoup plus diversifiée. Montevideo compte à la fin du 19°s une population étrangère importante originaire d'Italie, d'Espagne, du Brésil, et de l'Argentine. Les institutions uruguayennes ont favorisé l'intégration de ces populations permettant à ce pays de se construire à partir des apports culturels de l'Espagne, de la France, de l'Italie, de l'Allemagne, de l'Angleterre et des Etats-Unis.

Evolution démographique

Chronologie du 16° au 19°s

[[64]]

1516        Après les Portugais, première tentative espagnole : Solis est chassé des terres uruguayennes par les Indiens Charrùas [[65]].

1535-1536      Pedro de Mendoza et Juan Ortiz de Zarate prennent possession pour l'Espagne de la région du Rio de la Plata et fondent la première ville de Buenos Aires qui peu après est détruite par les indigènes.

1553-1593      Fondation de nombreuses villes argentines.

1572        (septembre) Ortiz de Zarate repousse les Charrùas et fonde San Salvador qui est pris par les indigènes deux ans plus tard.

1573-1580      Les colons espagnols commencent à arriver en Argentine. L'espagnol Juan de Garay refonde Buenos Aires avec pour objectif d'empêcher les Portugais de prendre pied dans la région et de maitriser la route de l'or vers le Pérou.

Fin 16°    Conquête par les Espagnols du territoire uruguayen. Hernando Arias de Saavedra, dit Hernandarias, colonise les Chanas [[66]], les Yaros [[67]] et les Guaranis, et introduit les premiers bestiaux qui se multiplient rapidement.

18°s         Les Portugais déjà installés au Brésil tentent de prendre la région uruguayenne afin de faire du Rio de la Plata la frontière méridionale de leurs possessions.

1726        Pour éviter la consolidation de la présence portugaise sur la rive nord du rio de la Plata, les Espagnols fondent Montevideo (actuel Uruguay), qui prospère et rivalise bientôt avec Buenos Aires.

1750-1756      Montevideo est gouverné par José Joaquim de Viana mais le traité de Madrid entre le Portugal et l'Espagne cède le territoire "Misiones Orientales" (Uruguay) aux Portugais : extermination et dispersion des Guaranis qui n'acceptent pas le nouveau partage instauré par le traité.

1763        Le gouverneur de Buenos Aires repousse l'assaut d'une flotte anglo-portugaise. Son avancée vers le sud du Brésil est arrêtée par le traité de Paris.

1766        (1er août) Le roi d'Espagne crée le Vice Royaume de la Plata. Ce territoire immense va bien au delà de l'actuelle Argentine, puisqu'il englobe les deux tiers de la future Bolivie, le Nord du Chili, le Paraguay et l'Uruguay. Buenos Aires qui est autorisé à commercer avec le Pérou, le Chili et l'Espagne, prend un nouveau départ.

1782        Création de huit "intendances", [[68]] elles tempèrent l'autorité du vice-roi Vertiz, elles favorisent le développement.

1800        Montevideo compte 10 000 habitants

1806        (24 juin) Le général anglais Beresford débarque à Buenos Aires à la tête de 1500 hommes. Les troupes légalistes espagnoles commandées par le Français de Liniers obligent le Général Beresford à capituler. Montevideo résiste aux Anglais.

1807        (juin) Les Anglais prennent Montevideo, tentent une nouvelle offensive contre Buenos Aires, mais les troupes de Liniers obtiennent une nouvelle victoire. Buenos Aires prend de l'importance ce qui fait naitre à Montevideo un désir d'indépendance inspiré par l'indépendance des Etats-Unis et les idées de la révolution française.

1810        (25 mai) Suite à l'invasion de l'Espagne par Napoléon, fin de la suprématie des Espagnols; première proclamation d'indépendance à Buenos Aires. Le gouverneur espagnol de Montevideo ne reconnaît pas le nouveau pouvoir de Buenos Aires.

1811        José Gervasio Artigas imprégné des principes de la constitution des Etas Unis, épris de liberté, mène la révolte contre le pouvoir espagnol de Montevideo. Alors qu'une grande partie du pays est déjà libérée, des troupes argentines viennent soutenir Artigas pour assiéger Montevideo aux mains des Espagnols, soutenus par les Portugais.

1814        Artigas et les Argentins n'arrivent pas à s'entendre. Artigas quitte le pays en même temps qu'une grande partie de la population révoltée. Les Argentins finissent par reprendre Montevideo.

1815        (26 mars) José Gervasio Artigas lança une révolte contre les Espagnols et inaugure à Montevideo le premier gouvernement patriote. Artigas devint un héros pour l'Uruguay.

1816        (20 janvier) Le général portugais Lecor, soutenu par les Argentins et les Brésiliens, rentre dans Montevideo.

1820        Artigas se réfugie au Paraguay. Il meurt en 1850 sans avoir revu sa patrie.

1820-1826      Bernardino Rivadavia anime à Buenos Aires un gouvernement éclairé et progressiste.

1821        Le Portugal annexa en 1821 le territoire qui deviendra l'actuel Uruguay en l'intégrant dans le Brésil.

1821-1823      Des révoltes sans succès éclatent

1825        (19 avril) Les "Trente-Trois Orientaux" [[69]] commandés par Juan Antonio Lavalleja débarquent en Uruguay. Tout le pays se soulève.

1825        (25 août) La province d'Uruguay déclara son indépendance du Brésil, mais voulait néanmoins rejoindre l'Argentine en formant une fédération régionale. Cette union entre l'Argentine et l'Uruguay permit de vaincre le Brésil à l'issue de trois années de guerre.

1826        (4 mars) Buenos Aires devint capitale officielle du pays. Durant une quinzaine d'année éclatent de graves conflits, entre Buenos Aires ouverte aux idées nouvelles et entre les provinces de l'intérieur du pays aux idées conservatrices.

1828        (25 août) Les Argentins acceptent l'indépendance de l'Uruguay. Signature du traité de Montevideo, approuvé par le Royaume Uni qui donne naissance à l'Uruguay en tant que pays indépendant et souverain.

1830        La France reconnait l'Argentine.

1830        (18 juillet) La première constitution uruguayenne est adoptée. Durant les 70 années suivantes, l'Uruguay connaitra de nombreux conflits avec les pays voisins. Au même moment, beaucoup d'immigrants, surtout des Européens, viendront s'installer en Uruguay.

1830-1834      Rivera, ami des immigrés argentins et ennemi du dictateur Argentin Rosas, est président de l'Uruguay. Il organise la Nation, construit le port de Montevideo et extermine les Charruas.

1835-1852      Juan manuel de Rosas impose son hégémonie et un régime autoritaire en Argentine. La soumission des caudillos de l’intérieur et sa main mise sur les autres provinces de la Confédération Argentine s’accompagnent de nouvelles mesures discriminatoires envers la France : refus de la clause de la nation la plus favorisée accordée aux britanniques, exigence du service militaire envers les immigrants français. Ces dispositions et les violences xénophobes à l’encontre des ressortissants français, devaient complètement stopper les nouvelles arrivées européennes par Buenos Aires, et provoquer le reflux sur Montevideo de la grande majorité des Français et étrangers déjà installés dans la capitale argentine. Par réaction contre le nouveau dictateur, elles devaient également engendrer le soutien français accordé au gouvernement Colorado de l’Uruguay et la mise en place du premier blocus du port de Buenos Aires par l’escadre navale française (Mars 1838 à octobre1840), empêchant désormais toutes les entrées d'émigrants dans Buenos Aires.

1835-1838      Oribé, ami de Rosas, est président de l'Uruguay.

1836-1843      33 000 émigrants français originaires essentiellement du Pays basque et du Béarn, entrent en Uruguay. Ce sont souvent des officiers et soldats de l'Empire préférant l'exil à la Restauration.

1836        (10 août) Oribé rend obligatoire le port d'un insigne blanc portant l'inscription "Soutiens de la Légalité". Ainsi né le parti "blancos", ses opposants forment le parti "colorado" (parti démocrate)

1838        (15 juin) Victoire de Rivera qui renverse Oribe et rentre à Montevideo en novembre.

1839-1843      Seconde magistrature de Rivera soutenu par la France. Les français constituent une fraction importante de Montevideo.

1843-1851      La Grande Guerre [[70]] entre l'Uruguay et l'Argentine aux mains du dictateur Rosas. Oribe assiège Montevideo, siége qui se termine selon ses propres paroles sans "vaincus, ni vainqueurs". De nombreux Français, menés par le Colonel Thiébaut un Français fervent ardent de Napoléon, soutiennent Rivera. Cet épisode soude pour longtemps l'amitié franco-uruguayenne.

1852-1875      Les partis Blanco et Colorado se disputent le pouvoir : période agitée et tragique.

1853        (9 juillet) La constitution argentine est adoptée par toutes les provinces à l'exclusion de Buenos Aires.

1859        Guerre entre Buenos Aires et les autres états de la Confédération.

1859        (novembre) Buenos Aires se déclare enfin partie intégrante de la Confédération. La conquête de nouveaux espaces passait par la domination définitive sur les indiens Pampas qui prit fréquemment l'allure d'un génocide.

1862        En Argentine politique d'immigration européenne qui entraîne un flux important de migrants, originaires surtout de l'Italie et de l'Espagne.

1865- 1870     La guerre de la triple Alliance Brésil-Argentine-Uruguay, contre le général Francisco Solano Lopez permet, à l'issue d'un conflit qui extermina 80% de la population du Paraguay, la définition des frontières définitives de l'Argentine au Nord-Est.

1875-1886      Renaissance du militarisme, le parti colorado l'emporte pour une longue période.

1880-1900      En Argentine le mouvement migratoire s'accélère : deux millions d'immigrés viennent surtout des régions pauvres de l'Europe du Sud et de l'Europe Centrale.

1886-1890      La présidence du général Maximo Tajes marque la fin du militarisme. Il donne à l'économie un nouvel élan.

1890-1897      Deux présidences colorado Herrera et Borda poursuivent l'œuvre de leur prédécesseur.

1897        Le peuple ne comprend pas la politique menée par Borda et se révolte.

1897        (25 août) Borda est assassiné.

1897        (18 septembre) Un pacte prévoit la division du pays en deux régions, l'une administrée par le parti Blanca, l'autre par le parti colorado.

1898        (février) Coup d'état de Cuestas qui instaure une dictature jusqu'en février 1899.

1899-1903      Présidence constitutionnelle de Cuestas

1900-1910      En Argentine deux nouveaux millions d'immigrants arrivent. La population passe à 8 millions.

1903-1915      José Batlle Ordoñez, président entre 1903 et 1907, puis entre 1911 et 1915, établit les bases de l'organisation politique actuelle, grâce aux nombreuses réformes politiques, sociales et économiques qu'il mit en œuvre. Les présidents qui lui succédèrent continuèrent certaines de ces réformes.

Annexe 6 – Colonisation et esclavage dans les iles de Saint-Domingue, et de la Guadeloupe

carte_guadeloupe[1].gif
Quelques repères chronologiques

 [[71]]

1441        Des navigateurs portugais ramènent les premiers esclaves nègres au Portugal : cette date est considérée comme marquant le début de la traite négrière atlantique organisée par l'Europe.

1454        Le pape Nicolas V autorise le roi du Portugal à pratiquer la traite et l’esclavage d’Africains.

1492        Christophe Colomb découvre l'Amérique. Des Africains sont embarqués dans les caravelles dès le second voyage

1518        Charles-Quint autorise la traite et l'esclavage.

1537        Le Pape Jules III condamne toute mise en doute de la pleine humanité des Indiens

1550        Charles V affranchit tous les esclaves des Indes occidentales

1570        Le roi du Portugal interdit la réduction des Indiens à l’esclavage

Au 16°s,  les mers sont sillonnées par les flibustiers, les corsaires et les pirates qui s'emparent de caravelles venant d'Amérique. Ces corsaires sont français (Jean Fleury, François Le Clerc) et anglais (Francis Drake anobli par la reine Elisabeth).

                Les petites iles du sud des Caraïbes, délaissées par les espagnols sont les repaires des flibustiers. Ils y côtoient les indiens qui rapidement en deux générations succombent à l'exploitation et aux maladies. Ainsi nait la traite des noirs dans cette région.

Au 16°s,  Instauration du principe de l'exclusif, régime sous lequel était placés tous les échanges commerciaux entre les colonies et la France aux XVIe et XVIIe siècles. Selon ce principe, tout ce que la colonie produit doit être exporté vers la métropole et tout ce que la colonie importe doit venir de la métropole ou être transporté par des bateaux français.

1600        Fondation de la Compagnie de l’Inde orientale anglaise – suivie en 1602 par la compagnie des Indes orientales hollandaises, et, en 1617, par celle des Indes occidentales hollandaises.

Au 17°s   Quelques centaines de noirs en Jamaïque au début de ce siècle.

1620        Le Mayflower (ou Fleur de Mai) un vaisseau marchand de 90 pieds (27,4 mètres) transportait 102 immigrants anglais entre Plymouth, en Angleterre, et la colonie de Plymouth, dans le Massachusetts.

1623        Warner, un anglais, et d'Esnambuc, un corsaire français, décident de s'installer à Saint Christophe une petite Île au nord-ouest de la Guadeloupe. Il s'ensuit un conflit avec les Indiens Caraïbes qui sont massacrés jusqu'au dernier.

1626        Richelieu autorise la colonisation de la Guyane.

1633        Création en France d’une compagnie ayant le privilège du commerce au Sénégal, au Cap-Vert et en Gambie.

1635        Début de la colonisation étatique de la France qui décide de s'emparer de territoires dans la zone antillaise. Cette décision entre dans la politique anti espagnole de Richelieu. Anglais et Hollandais font de même. Conquête préparée, et non plus improvisée, par la Compagnie des Îles d'Amérique siégeant à l'Hôtel de François Fouquet (conseiller au parlement de Rennes en 1608, puis à celui de Paris en 1610, conseiller d'État en 1626, en 1640 achète le domaine de Vaux-le-Vicomte). D'Esnambuc, Liénard de l'Olive et Duplessis d'Ossonville participent à l'expédition qui part de Dieppe en mai 1635.

                Ainsi Guadeloupe et Martinique sont occupées; des colons y sont amenés. Les Îles connaissent diverses difficultés : famine par manque de provisions apportées dû à une défaillance de la compagnie, guérilla avec les Indiens.

1640        Des Noirs sont présent en Guadeloupe.

1642        Louis XIII autorise la traite et l’esclavage. Et Richelieu crée la Compagnie française de l’Orient.

1643        Jusqu'en 1643 Dieppe fournira des émigrants à la Guadeloupe.

1643        Première expédition négrière française officiellement reconnue : l'Espérance de La Rochelle revient de Saint-Christophe [[72]].

1664        Colbert intervient directement dans le gouvernement des colonies : un gouverneur est nommé à Saint Domingue, une nouvelle compagnie des Indes occidentales est créée. Les anciens propriétaires sont forcés de vendre leurs droits par un arrêt du conseil d'état. La compagnie ne parvient pas à la réussite; elle est dissoute.

1670        Colbert accorde la liberté du commerce avec les îles.

1671        Le terrier (cadastre) par lequel Colbert organise un recensement détaillé.

1672        Première expédition négrière de Bordeaux (le Saint Etienne de Paris)

1673        En France, création de la Compagnie du Sénégal qui conduit des Noirs aux Antilles et à la Guyane.

1674        La Guadeloupe ainsi que d'autres îles sont rattachées au domaine royal.

1678        27 000 esclaves sont présents aux Antilles françaises

1681        Décision de Colbert, secrétaire d'Etat à la Marine, de rédiger le Code Noir.

1683        Mémoires de l'intendant Patoulet et du gouverneur Blénac - Décès de Jean Baptiste Colbert, père. Son fils Jean-Baptiste Colbert Marquis de Seignelay lui succède.

1684        Création en France de la Compagnie de Guinée qui conduit des Africains aux Antilles et à la Guyane

1685        Seignelay, le Tellier et le Roi (Louis XIV : 1638 - 1715) signent le Code Noir.

1688        Première expédition négrière de Nantes (la Paix) et de Saint Malo (le Pont d’Or)

Fin 17°s   Les grands colons "habitants"[[73]] se recrutent dans l'entourage du gouverneur – noblesse de robe ou de province. Les milieux dirigeants comprennent aussi des familles bourgeoises, et en particulier celle des grands ports, des protestants du sud-ouest. L'installation nécessite d'être fortuné. La culture sucrière nécessite de grandes propriétés.

                Les petits blancs, milieu différencié, sont venus pour un bon nombre d'entre eux comme "engagés".[[74]]. Les "habitants" réservaient à ces 36 mois un sort pénible. Parmi les petits blanc : marins, soldats, flibustiers, corsaires et belles dames, convoi d'orphelins. Les engagés du Bassin d'Aquitaine partent à cette époque surtout par La Rochelle.

                Sur le plan administratif la Guadeloupe est dépendante de la Martinique; ceci crée une situation défavorable à la Guadeloupe.

1701        Un conseil souverain est érigé à Saint Domingue.

1701-1713      La France obtient l’asiento [[75]] pour la fourniture d’esclaves noirs pour les compagnies espagnoles. Le traité d'Utrecht y mettra fin.

1713        La paix d'Utrecht fait renaitre la prospérité en Guadeloupe : la contrebande augmente et améliore l'approvisionnement de l'île. Mais Marie-Galante (petite île au sud de la Guadeloupe) connaît de nombreuses difficultés avant l'essor sucrier du 18°s.

1716        Permission royale de faire « librement le commerce des esclaves » accordée à Rouen, La Rochelle, Bordeaux, et Nantes

1725        Fin du monopole effectif, la traite privée est libre en échange de droits payés

1726        Saint Domingue compte 100 000 esclaves pour une population totale y compris esclaves de 130 000 personnes.

1732        Essor de Grande-Terre, la partie orientale de la Guadeloupe, et de Marie Galante [[76]] qui dépassent Basse terre, la partie occidentale de la Guadeloupe, en nombre de sucreries : 119 contre 117.

1738        Déclaration royale limitant le séjour des esclaves noirs en France à trois ans.

1749        Quarante-quatre expéditions négrières quittent Nantes pour l’Afrique

1750        Certains protestants (les Quakers) ; certains philosophes (Montesquieu, Rousseau, Condorcet ) s’indignent contre la traite et l’esclavage.

Isle_de_Saint_Domingue.jpg
1752        Le recensement de Saint-Domingue [[77]] dénombre une population totale de 160 133 personnes composée de 124 117 esclaves adultes, soit environ 24 000 esclaves de plus qu'en 1726, 36 016 "Négrillons" et "Négrilettes", et une population libre de 17 504 personnes dont 3 818 mulâtres et "négres" libres.

1763        (10 février) Le traité de Paris entre la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne met fin à la guerre de Sept ans.

1763        (24 mars) Un règlement administratif est promulgué pour Saint Domingue, la Martinique, la Guadeloupe et Sainte Lucie

1763-1789      Le commerce colonial, dont l'exclusif est le pilier, constitue un des moteurs de la croissance de l'économie française.

1763-1792      Intensité maximale de l’importation d’esclaves noirs.

1767        En France, liberté totale de la traite sans droits à payer

1769        En Pennsylvanie, les Quakers abolissent l’esclavage. Le Massachusetts suit en 1783.

1770        Les Quakers interdisent à leurs membres la possession d’esclaves

1777        L’île de France (île Maurice) compte 25150 esclaves sur une population totale de 29 760 personnes.

1777        Le Vermont (USA) décrète l’abolition graduelle de l’esclavage

1778        Interdiction des mariages mixtes en France

1784-1785      Deux ordonnances royales limitent les mauvais traitements infligés aux esclaves et prévoient des peines pour leurs auteurs.

1787        Création de la société anti-esclavagiste (avec Wilberforce et Clarkson) à Londres

1787        Fondation de la société anglaise pour l’abolition de la traite.

1788        A Paris, fondation de la Société des amis des Noirs.

1789        700 000 esclaves aux Antilles françaises, première insurrection en Martinique

1789        France – Déclarations Droits de l’homme et du citoyen : art 1 – « Les hommes naissent libres et égaux en droit »

1790        (8 mars) Sur proposition de Barnave, l'esclavage est maintenu aux colonies.

1790        (16 avril) Assemblée générale de la partie française de Saint Domingue.

1791        (25 février) A saint Domingue, Vincent Ogé et son ami Jean-Baptiste Chavannes subissent le supplice de la roue pour s'être opposé à l'esclavage.

1791        Insurrection des esclaves à Saint-Domingue, qui obtiennent l’abolition de l’esclavage dans la colonie le 29 août 1793. Troubles à la Martinique, à la Guadeloupe.

1791        (15 mai) Un décret maintient l'esclavage.

1791        (24 septembre) Les Noirs sont déclarés non citoyens.

1791        (28 septembre) L'esclavage est aboli sur le sol français en métropole.

1792        (24 mars) L'égalité politique pour les mulâtres est proclamée.

1793        (5 mars) Publication du code Noir sur l'esclavage.

1793        (29 août) Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue (Haïti).

1793        (septembre) appelés par les colons les Anglais débarquent à Saint Domingue.

1794        (4 février) décret de la Convention abolissant l’esclavage en France

1794        Victor Hugues (1761, 1826) envoyé par la convention nationale française gouverne la Guadeloupe - beaucoup de guillotinés et de répression, propriétaires dépossédés- maître de l'île il se révèle vénal.

1795        (22 juillet) La partie espagnole de Saint Domingue revient à l'Espagne.

1797        (22 août) Toussaint Louverture oblige le commissaire de la république à quitter Saint Domingue.

1798        Harcelés par Toussaint Louverture, décimés par la fièvre Jaune, les Anglais quittent Saint Domingue.

1801        En Guadeloupe, révolte générale après la restitution des îles à la France qui y rétablit la situation de l'Ancien régime.

1802        (20 mai) Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies françaises conformément à la législation antérieure à 1789. Les grandes habitations, pour l'essentiel reviennent à leurs propriétaires ou leurs descendants, les affranchis étaient restés sur place et furent remis au travail avec le rétablissement de l'esclavage.

1803        (7 avril) Mort de Toussaint Louverture au Fort de Joux

1804        Proclamation de l’indépendance d’Haïti

1806        Lois anglaises interdisant l’introduction de nouveaux esclaves dans les colonies conquises

1807        Interdiction de la traite négrière par la Grande-Bretagne et de l’importation de captifs et esclaves par les Etats-Unis.

1807        Troubles à la Martinique

1809        Trois cyclones ravagent la Guadeloupe la même année : 27 juillet, 2 août et 2 septembre.

1814        La France récupère la Guyane, Martinique, Guadeloupe, Sénégal et La Réunion, et les comptoirs des Indes. Elle y maintient l’esclavage. L'île de la Guadeloupe reprend un visage de colonie sucrière. C'est le début d'une ère de prospérité.

1814        Le Pape Pie VII condamne « le commerce des noirs »

1815        (29 mars) Pendant les Cent-Jours, Napoléon décrète l'abolition de la traite.

1815        (9 juin) Les puissances européennes s’engagent à interdire la traite négrière au Congrès de Vienne (Grande-Bretagne, France, Autriche, Russie, Prusse, Suède, Portugal).

1815        Poursuite de la traite clandestine malgré son interdiction.

1817        Le 8 janvier, le gouvernement français promulgue une ordonnance menaçant de confiscation tout navire tentant d'introduire des Noirs dans une colonie française.

1818        (15 avril) L'ordonnance du 8 janvier 1817 est transformée en première loi abolitionniste française. En Guadeloupe 457 habitations sucrières.

1820        Point culminant de la production sucrière en Guadeloupe. On ne parle pas de l'abolition de l'esclavage et on ne perçoit pas encore que les structures sont obsolètes.

1821        Création à Paris de la Société de la Morale Chrétienne et, en 1822, de son Comité pour l’abolition de la traite et de l’esclavage.

1824        Un cyclone ravage la Guadeloupe. Phénomène météorologique récurent en Guadeloupe : au XVIII°s 15 cyclones sont répertoriés, au XIX°s 20, au XX°s 26 (cf. http://www.ouragans.com/)

1827        (25 avril) deuxième loi française interdisant la traite négrière.

1830        Dernière expédition négrière nantaise reconnue comme telle : la Virginie. En Guadeloupe 602 habitations sucrières

1831        (22 février) troisième loi française interdisant la traite négrière. Accord franco-anglais pour le contrôle de la traite illicite

1833-1838      Abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques des West Indies, en Guyane britannique, à l’Ile Maurice. La position des tenants de l'esclavage est affaiblie dans les Antilles françaises.

1834        Création à Paris de la Société Française pour l’Abolition de l’Esclavage.

1839        Création à Londres de la British and Foreign Anti-Slavery Society. Le Pape Grégoire XVI condamne officiellement la traite négrière

1840-1842      Second voyage de Victor Schoelcher dans les Caraïbes qui préconise l'abolition : publication et action politique en faveur de l'abolition; il se heurte au pouvoir censitaire mis en place dans les colonies en 1827 et réformé en 1833. En 1835 pour 12 000 blancs il y avait 19000 libres de couleur dont le pouvoir était limité par le régime censitaire. Le débat sur l'abolition a lieu dans un climat de marasme économique dans les colonies françaises. Malgré son humanisme, Schoeler utilise des arguments économiques pour défendre l'abolition : coût du capital immobilisé et de son entretien plus important que dans le système salarial. Dans un contexte de montée des idées abolitionnistes les Noirs s'impatientent, les grèves se multiplient.

1843        (8 février) Terrible tremblement de terre à la Pointe-à-Pitre faisant un grand nombre de victimes.

1843        Arrivée de nouvelles puissances sucrières avec le développement du sucre de betterave. En Guadeloupe les ventes d'habitations se multiplient : l'implantation d'usines de transformation de la canne prive les planteurs des ressources de l'industrie sucrière et dans le même temps l'abolition les prive de la main d'œuvre des esclaves.

1848        (27 avril) La IIème République abolit l’esclavage dans les colonies.

1849        Dernier navire négrier français soupçonné : le Tourville aurait débarqué des esclaves au Brésil

1849        (30 avril) le parlement fixe pour l’ensemble des colonies un système d'indemnisation voir Annexe 7 – Indemnité coloniale en Guadeloupe page 60.

1852        (février) Premiers décrets français pour le recrutement de travailleurs libres sur contrats en Afrique puis en Inde, pour les colonies caraïbes.

1861        Fin de l'exclusif mis en place dés le début de la colonisation au profit de l'économie de la France et ce malgré la revendication constante des colons pour la liberté du commerce.

1863-1865      La fin de la guerre de Sécession aboutit à l’abolition fédérale de l’esclavage aux Etats-Unis.

1866        Décret espagnol interdisant la traite négrière.

1870        Crise économique et cataclysme s'ajoutent pour toucher le milieu colonial des sucriers : ventes, les organismes de crédit récupèrent les terres des colons endettés. Beaucoup de retours en métropole à partir de cette période.

1873        Abolition de l’esclavage dans la colonie espagnole de Porto-Rico.

Annexe 7 – Indemnité coloniale en Guadeloupe

Le décret du 27 avril 1848 abolit l’esclavage dans toutes les colonies et possessions françaises. Dans son préambule il proclame que l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine et une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Égalité, Fraternité. Ce décret fixe aussi le principe de l’indemnisation et laisse prudemment au parlement le soin de fixer la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons. Ainsi la loi suit le décret ce qui déroge à l'usage voulant que les décrets déterminent l'application de la loi.

Par la loi du 30 avril 1849, le parlement fixe pour l’ensemble des colonies un système d'indemnisation composé, d'une part, d'une indemnité de 6 millions de Francs payable immédiatement et, d'autre part, d'une rente de 6 millions de francs 5% soit 120 millions versés en 20 annuités. Le parlement poursuit ainsi un objectif à la fois de cohésion sociale et d’équilibre économique. Pour les territoires de la Guadeloupe, Martinique et Réunion, il impose la création d’une banque de prêt et d’escompte dotée en capital par le prélèvement du huitième de la rente attribuée aux propriétaires ayant reçu plus de 1 000 francs d’indemnité. Ce prélèvement prend pour eux la forme d’actions de la future banque.

Les montants globaux des indemnités fixées par la loi sont répartis par décret dans les différents territoires concernés : Martinique, Guadeloupe et dépendances, Réunion, Guyane française, Sénégal et dépendances, et Nossi-Bé et Sainte-Marie. Cette répartition ne se fait pas en proportion du nombre d'esclaves recensés dans chacun des territoires mais vraisemblablement selon le nombre et la valeur vénale des esclaves. L'indemnité représente environ 40% de cette valeur.

La Guadeloupe obtient pour chacune des indemnités en numéraire et capital 1,95 millions de francs, soit 32,5% du montant total fixé par la loi, pour environ mille à deux mille "habitations" (exploitation agricole et industrielle [37] faisant travailler 87 087 esclaves, soit 35,1% du nombre total d'esclaves. Ainsi un ancien propriétaire est indemnisé pour un esclave par le versement immédiat de 22,35 francs et par une rente de 20 fois 22,35 francs soit au total 469,35 francs dont 55,85 payés en action de la banque coloniale de Guadeloupe.

Indemnisés pour l’essentiel en rentes 5%, les propriétaires peuvent préférer monnayer leurs titres de rente, plutôt que de recevoir annuellement un intérêt de 5%. Les petits propriétaires ont des besoins importants de trésorerie; ils doivent maintenant payer des salaires et moderniser leurs exploitations (voir Annexe 6 – Colonisation et esclavage dans les iles de Saint-Domingue, et de la Guadeloupe page 55); ils sont donc souvent dans l'obligation de négocier leurs certificats de liquidation. [[78]]

Sources : (BLERIOT) - (RICAUD) - (SERMET) - Décret du 27 avril 1848.

Annexe 8 - Bibliographie - Travaux cités

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wikipédia. (s.d.). Eencyclopédie libre. Récupéré sur Encyclopédie en ligne Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil



[1]             Ascendance par les hommes.

[2]          Rédaction Assistée part Ordinateur : De nombreux logiciels de généalogie permettent de rédiger automatiquement des récits à partir de fichiers généalogiques au format propriétaire de l'éditeur ou au format Gedcom standard d'échange de données généalogiques.

[3]             André Burguière est historien, spécialiste de l'histoire de la famille, directeur d’études à l’EHESS à la retraite.

[4]             Ce mot est employé ici dans le sens suivant : erreur d'orthographe qui se perpétue souvent dans les générations suivantes. Ainsi, par exemple le cas d'un fils SESTIA alors que le père était CESTIA, ou un fils CESTIA alors que le père était CESTIAN ou SESTHIAN

[5]          Les sources généalogiques sont accessibles uniquement sur mon site Web (CESTIA, 2010) via la rubrique base de données généalogiques, sources, ou base de données généalogiques, patronyme, individu, événement, source

[6]             Autres que les sources dites généalogiques afférentes à une personne en particulier.

[7]             Le mot famille désigne ici un ensemble de personnes liées par un lien filiatif. Cet ensemble de personnes pouvant s'étendre sur plusieurs générations.

[8]             Dont le patronyme est : Cestan, Cestac, Cestas, Cestia, Cestian, Sestia, Sestian, Sestiaa, Sestiant, Sesthian, Chrestia, Sextia, Sextian

[9]             (GROSCLAUDE, 2003) Dictionnaire Etymologique des Noms de Familles Gascons : Sestia, voir Sestiaa : "Patronyme rare. En Pyrénées Atlantiques : 5 foyers à Oloron, Nay, Moumour et Pau. Obscur : Peut-être du nom d'homme latin Sextianus ? Ou contraction de Sebastian? = Sestia. Orthographe restituée : Sestian Sestiaa."

[10]          Sestius est un nom de famille Romain – Sextus est un prénom Romain - A l'époque romaine, la famille Cestia est citée par Cicéron dans son discours sur Flaceus, et dans sa lettre à Atticus (DIACONO, 1978). Le troisième Cestius, également cité par Cicéron, est Caiius Cestius préteur (magistrat) en 44 avant J.C.

[11]          (ROME, 1988)

[12]           CESTIA au féminin.

[13]        L'aureus (aurei au pluriel) ou denier d'or est une monnaie romaine d'or valant 25 deniers d'argent, soit 100 sesterces.

[14]           (DAUZAT)

[15]          (Dictionnaire Hachette, 1997)

[16]           (wikipédia)

[17]        Les sources attestant la présence de Cestia à Nay sont en cours de vérification. En effet, la position de Nay très éloignée de ce qui semble être le centre historique des Cestia, les paroisses de Lescurry, Louit et Dours, conduit à un questionnement aujourd'hui sans réponse.

[18]           Economies et sociétés préindustrielles – Collection Pierre Léon - 1970

[19]        Lieu d'au moins un des événements retenus dans cette étude des déplacements des Cestia. Les événements retenus sont les naissances, baptêmes, mariages et décès.

[20]        Coutillou est un suffixe correspondant au nom de maison accolé au nom de famille (voir Baylou à Louit)

[21]        Selon le cadastre 1812 et le rôle d'imposition associé

[22]        Cette filiation reste à prouver; le surnom Coutillou est un indice de la réalité de cette filiation.

[23] Cf jugement du 18 juillet 1823 pour le versement d'une commission sur une transaction de 500 bœufs.

[24]           Anecdote rapportée dans les années 1980 par des descendants des dits cousins

[25]        Les décès avant l'âge de 6 ans représentent environ 1/3 de la classe d'âge à cette époque.

[26]        L'édit de juin 1787 créa des "municipalités". "La municipalité comprend le seigneur, le curé, le syndic et un petit nombre de gens élus par les propriétaires" (OLIVIER-MARTIN, 1945, p. 265)

[27]        1789-1791

[28]        "Ce nom de Maison n'a rien d'officiel, mais il sert dans certains textes pour différencier deux personnes ayant le même patronyme, mais aussi parce que ces noms sont employés dans l'usage courant" (CENAC, 1995)

[29]        Pierre CESTIAN "Baïlou" baptisé le 20 février 1735; son acte de baptême nous apprend qu'il est nommé Pierre et qu'il est le fils de Jean CESTIAN dit Guillaumet et de Margueritte GUINLE. Son acte de mariage, du 8 février 1763, nous apprend que "Pierre SESTHIAN" fils de Jean SESTHIAN et Marguerite GUINLE épouse Marie FONTAN. Un autre relevé qui nous a été fourni nous apprend qu'il est Pierre CESTIA Baïlou (CESTIA, 2010)

[30]        Lois des 14 et 22 décembre 1789 et janvier1790 - Dans la commune, l'administration municipale comprend : le maire, le corps municipal, le procureur de la commune, le conseil général (réunion des officiers municipaux et de notables convoqués pour des délibérations importantes), éventuellement l'assemblée des citoyens actifs. (VILLARD, 1976, p. 22)

[31]        En 2009, la municipalité de Louit a affiché dans un cadre commémoratif la liste des maires de Louit et leurs années de mandat. La retranscription de cette liste est consultable sur mon site web. (CESTIA, 2010, pp. Sources, Maires de Louit)

[32]        Né le 19 novembre 1767, il devient plus tard à son tour "le Baïlou" (CESTIA, 2010)

[33]        "Je jure et promets à Dieu de garder obéissance et fidélité au Roi, de n'avoir aucune intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir aucune ligue qui soit contraire à son autorité; et si, (dans le ressort de mes fonctions), ou ailleurs, j'apprends qu'il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferai connaître au Roi." (CESTIA, 2010, pp. Source, Maire de Louit, PV de prestation de serment)

[34]        (collectif, Les conseillers généraux des Hautes-Pyrénées - Dictionnaire biographique, 2007)

[35]          Voir Annexe 6 – Colonisation et esclavage dans les iles de Saint-Domingue, et de la Guadeloupe page 55

[36]        (SCHNAKENBOURG, 1980) pages 47 et 48

[37]          Dans les colonies antillaises, jusqu'en 1848 la production agro-alimentaire de la Guadeloupe repose essentiellement sur des habitations qui sont des exploitations agricoles et manufacturières qui cultivent, récoltent, transforment et exportent essentiellement sucre et café. Le sucre est cependant la production dominante de la Guadeloupe. Cacao et coton sont aussi produits. L'agriculture vivrière non exportée est aussi présente dans les "habitations". A partir de 1848 des usines s'installent et progressivement reprennent la totalité de la fabrication du sucre. (SCHNAKENBOURG, 1980, p. 21 et s)

[38]        Voir "Annexe 7 – Indemnité coloniale en Guadeloupe" page 42

[39]        L'île de la Guadeloupe

[40]        (MASSIO, La Bigorre et la Guadeloupe au XIXème siècle, 1955, p. 377)

[41]        (CHEVALLIER, et al., 1953, pp. 548-549)

[42]        Mes recherches ne m'ont pas jusqu'à présent permis d'établir la généalogie de ce Pierre Cestia.

[43]        En 1847, Jean- Baptiste Jammes originaire d'Orthez, est le maire de Goyave. Décédé en 1857, il est inhumé sur une autre habitation nommée aussi Champ d'Asile. Il est le grand-père du célèbre poète Francis Jammes. (Selon Planetantilles.com et le site FraneGenWeb rubrique maire de France)

[44]        Les parcelles sont replantées tous les trois ans, selon l'ancienneté de la dernière plantation le rendement de la parcelle est différent. L'inventaire précise parcelle par parcelle l'année de plantation et le rendement escompté.

[45]        L'absence de banque en Guadeloupe à cette époque nécessite ce type d'accord pour financer l'activité sucriére.

[46]        Au sujet de Jean Despalangues voir "Le clan familial de Vic-en-Bigorre aux Antilles" page 12

[47]           Il s'agit d'une hypothèse à vérifier.

[48]           La loi du 30/4/1849 accorde une indemnité pour les esclaves introduits avant le 4/3/1831. Au total 126 millions de Francs (280 millions d'Euros 2006) sont ainsi attribués aux anciens propriétaires d'esclaves.

[49]           Source CHAN CARAN

[50]           Au nord de Rome à 10 à 15 km du centre de Rome

[51]        La population Uruguayenne passe de 100 000 habitants en 1850 (dont vraisemblablement un tiers de Français) à prés d'un million en 1908.

[52]        Voir l'Annexe 5 – Uruguay page 51

[53]        Je ne dispose à ce jour d'aucune information généalogique sur ces personnes.

[54]        http://pagesperso-orange.fr/lionel.dupont/

[55]        Nous ne savons pas si à l'occasion de ce voyage Jean SENTUBERY a pris des contacts avec la famille CESTIA pour préparer l'arrivée des Cestia Sylvain et Honoré à Montevideo. Les observations suivantes permettent de penser à cette hypothèse. Oléac-Débat et Louit sont distants seulement de 4 km. Abraham DORTIGNAC, l'oncle de Magdeleine DORTIGNAC, la mère d'Honoré, est installé à Oleac-Débat. La propriété de Jean SENTUBERY à Oléac-Débat jouxtant celle des DORTIGNAC, il n'est donc pas impossible que des liens existent

[56]           Courrier du cousin Juan Carlos DUPONT à ses parents

[57]           N° est le numéro d'arbre Annexe 1

[58]        Etablie à partir des événements naissance, mariages, décès

[59]        Compte tenu du nombre de personnes concernées

[60]           Numéro d'arbre de l'annexe 1

[61]           site web : http://www.dours.com/

[62]        Le "Río de la Plata" est l'estuaire créé par le Río Paraná et le Río Uruguay. Au sud de l'estuaire l'Argentine, au nord l'Uruguay.

[63]        La population Uruguayenne passe de 100 000 habitants en 1850 (dont vraisemblablement un tiers de Français) à prés d'un million en 1908.

[64]        Sources : (LATINA, Histoire - Uruguay) ; (LATINA, Histoire Argentine) ; (DUPONT) ; (GILLES, 1952)

[65]        Tribu indigène la plus importante en nombre, évaluée à 5 000 guerriers.

[66]        Les Chanas subirent l'influence des missionnaires dont ils prirent la langue, la religion et les coutumes.

[67]        Les Yaros et les Charruas persécutèrent les Chanas parce que ceux-ci étaient amis des Espagnols.

[68]        Autorités régionales : Buenos-Ayres, Paraguay, Cordova, Salta, Putosi, Charcas , La Paz et Cochabamba. Source : (collectif, DICTIONNAIRE GÉOGRAPHIQUE UNIVERSEL tome II, 1852, p. 355)

[69]        Les Treinta y Tres Orientales (ou Trente-trois Orientaux en français) est le nom que prirent les hommes conduits par Juan Antonio Lavalleja. Le nombre de ces expéditionnaires fit l'objet de diverses polémiques à partir de l'existence de diverses listes de ces derniers, publiées entre 1825 et 1832.L'historien uruguayen Aníbal Barrios Pintos, dans son livre « Los libertadores de 1825 » (Les libérateurs de 1825), publié à Montevideo en 1976, réunit des données biographiques sur 48 membres de l'expédition. (wikipédia)

[70]        Alexandre Dumas l'a chantée dans son ouvrage "Montevideo, la nouvelle Troie"

[71]        Sources : (ABENON, 1992) - (CHAMARSON, LELORRAIN, & SONNET, 1994) - (LICRA) - (nationale) - (L'esclavage) - (SCHNAKENBOURG, 1980)

[72]        Petite île située à environ 100 miles au nord-ouest de la Guadeloupe.

[73]        Nom donné aux propriétaires d'une habitation, c'est-à-dire un domaine agricole et industriel. Ainsi, une habitation sucrière cultive la canne à sucre qu'elle utilise pour produire du sucre.

[74]        Personnes arrivées avec un contrat d'engagement de trois ans réglementé par l'administration royale. Ce contrat consistait à acheter pour trois ans le droit de faire travailler l'engagé tel un esclave.

[75]        Les Espagnols ne pratiquaient pas la traite négrière directement; ils avaient fait le choix de confier celle-ci à d'autres pays, Portugal, Hollande, France, Angleterre etc, l'ouverture de ce droit se faisant contre le paiement d'une redevance. Cette pratique s'appelle l'asiento. Les autres puissances européennes n'avaient pas recours à cette pratique.

[76]        Petite île au sud de Grande Terre à environ 10 miles.

[77]        Archives Nationales d'Outre Mer – Aix en Provence.

[78]        L'examen du répertoire des actes du notaire Auguste Thionville à Pointe à Pitre, montre à partir de 1850 un grand nombre de transactions de ce type. [DPPC NOT GUA REP 38].

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