Préface

Sommaire

  1. Avant-propos
  2. Cartes
  3. Langue d'Oil &d'Oc
  4. Bourbonnais : un terme ambigu
  5. Croissant (Occitanie)
  6. Évolution historique, territoriale et linguistique

Lundi 4 septembre 2000, alors que mes collègues (anciens) font leur prérentrée, je savoure mes premières heures de retraite, avant j'étais en vacances ...

C'est donc vers vous, les gens de Domérat que vont mes premières pensées ; je réalise que j ai beaucoup de chance ... d'avoir arrêté ! Mes pensées vont aussi vers ces jeunes, j'en connais quelques-uns, qui entament leur carrière enseignante dans ces banlieues qu'on dit chaudes. Je suis contente d avoir donné ma place et je souhaite à tous une vie professionnelle aussi agréable que la mienne l'a été.

J'avais promis à mon amie Myriam de rédiger « le petit Yvernault illustré », titre qu'elle avait choisi, titre un peu pompeux pour le projet qui consiste seulement à rapporter (et avec quelle orthographe ?) les mots de patois que j ai entendus et employés dans mon « Archignat natal ». Je compte sur ma soeur et sa solide mémoire pour compléter et rectifier puisque nos parents ne sont plus là. Je comptais aussi sur le cousin Bergerat avec lequel nous avons souvent évoqué le sujet. Malheureusement, en cette année 2000, ces anciens nous ont quittés. C'est un peu pour faire revivre leur mémoire et leur savoir que je me lance dans cette aventure, aventure sans ambition : rien à voir avec ce qui à déjà été écrit, entre autre par le docteur Piquand. Je possède un exemplaire de son travail, grâce à notre ami Brignol qui a découvert, dans les affaires de sa mère, un petit livre, cousu à la main, constitué de feuilles du journal « le Centre Républicain » (le quotidien local, ancêtre du Centre Matin et de La Montagne). Il ne s'agit pas de recherches savantes : je vais me contenter de lister quelque mots qui chantent encore à mon oreille.

Je n'ai pas l'impression de faire le plagiat de l'oeuvre du docteur Piquand. Je me sers de ses lumières en reprenant les mots patois qui nous sont communs. Il en cite que je ne connais pas, par contre, j'en emploie qu'il ne mentionne pas. A chaque fois que je lui fais un emprunt je le signale (toutes les mentions des origines latines, grecques, celtiques sont de lui).

Mes remerciements vont à la famille Gozard pour les différents prêts de fascicules sur le sujet, à Alice Momiron et Lucien Bardot : deux Archignatois de souche et fidèles pratiquants, à Jean-Pierre Brignol, à ma soeur Marguerite pour sa compétence, à Raymond Gerbaud, à tous ceux qui m'ont encouragée à me lancer dans cette affaire et à mon époux Serge qui m'apporte son précieux concours pour le secrétariat. Je sollicite l'indulgence des lecteurs pour les erreurs, les oublis et les mauvaises interprétations.

Edih Yvernault

carte bourbonnais

carte archignat

Bourbonnais Langue d Oil & d Oc

Bourbonnais : un terme ambigu.

Il y a en realité deux langues autochtones dans le Bourbonnais :

Croissant (Occitanie)

carte de France Le Croissant (en occitan lo Creissent) est une zone dans l'extrême nord de l'Occitanie, en forme de croissant, où l'on parle des variétés de limousin et d'auvergnat (occitan ou langue d'oc) qui ont des traits de transition vers le français (langue d'oïl); cependant les traits linguistiques occitans y restent dominants.

Le territoire du Croissant se compose :

*    D'une bande fine qui traverse le milieu du département de la Charente, du sud-ouest au nord-est, en passant juste à l'est d'Angoulême.

*    D'un élargissement de cette bande de l'ouest à l'est, couvrant l'extrême nord des départements de la Haute-Vienne et de la Creuse, la moitié sud du département de l'Allier et quelques communes occitanes au sud des départements de la Vienne, de l'Indre et du Cher.

Les villes occitanes les plus importantes du Croissant sont Guéret, Montluçon et Vichy.

langue d'oil Évolution historique, territoriale et linguistique

Les influences du français sont anciennes dans le Croissant: dès la seconde moitié du XIIIe siècle, les documents administratifs et juridiques y ont été écrits en français et non en occitan, aussi bien dans la Marche (domaine limousin) qu'en Bourbonnais (domaine auvergnat). Cela venait de la présence d'administrateurs et de seigneurs francophones. Dans le Bourbonnais, même, les premiers documents écrits connus en langue vulgaire sont des actes en français avec quelques formes occitanes insérées, à partir de 1245. Donc le Croissant a connu une situation de diglossie franco-occitane dès cette époque, bien longtemps avant la pénétration du français dans le reste de l'Occitanie.

Il est certain que la limite entre occitan et français a reculé au fil des siècles et qu'elle se trouvait plus au nord autrefois. Les parlers français situés au nord du Croissant (sud du Berry, nord du Bourbonnais) gardent encore les traces d'un substrat occitan (Dahmen).

L'avancée du français vers le Croissant est un phénomène long et progressif, il est différent de la désoccitanisation assez rapide du Poitou, de la Saintonge et de l'Angoumois qui se fit entre les XIIe/XIIIe et XVe siècles.

Dans les parlers du Croissant, la progression des gallicismes avance et fragilise l'occitan. Durant les derniers siècles, il semble que cette progression ait avancé plus vite dans la Marche (domaine limousin) qu'en Bourbonnais (domaine auvergnat). Mais depuis le XXe siècle, dans tous les cas de figure, la généralisation du français a abouti à une situation de diglossie et de substitution linguistique similaire dans l'ensemble de l'Occitanie. Cela relativise, aujourd'hui, l'aspect « francisé » de l'occitan du Croissant, puisque presque tous les parlers occitans se francisent.

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